
Iran : l’absence de Mojtaba Khamenei aux obsèques de son père nourrit les conjectures sur la succession
Le nouveau guide suprême, blessé lors de la frappe ayant tué son père, n’a fait aucune apparition publique, alimentant les interrogations sur sa capacité à diriger et sur la stabilité du régime.
Le corps de l’ancien guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a été inhumé le 10 juillet 2026 à Mashhad, dans le mausolée de l’imam Reza, au terme de six jours de cérémonies auxquelles ont assisté, selon l’agence Fars, entre 41 et 43 millions de personnes. Son fils et successeur désigné, Mojtaba Khamenei, n’a pourtant été vu à aucun moment de ces funérailles, ni en Iran ni lors des étapes irakiennes à Nadjaf et Karbala. Depuis le déclenchement de la guerre par les frappes américano-israéliennes du 28 février, au cours desquelles son père, sa mère et son épouse ont été tués, le nouveau guide suprême n’a communiqué que par des déclarations écrites, sans qu’aucune image ni enregistrement sonore ne soit diffusé.
Selon des sources iraniennes citées par l’agence Reuters, Mojtaba Khamenei se remet de blessures graves subies lors de la même attaque, qui lui auraient causé des défigurations faciales et des lésions sévères aux membres. Les services de sécurité de la République islamique limiteraient ses apparitions pour prévenir de nouvelles frappes américaines. Des responsables iraniens affirment qu’il a dirigé les négociations ayant abouti au cessez-le-feu avec Washington le mois dernier, et les médias officiels s’efforcent de le présenter comme pleinement rétabli et vénéré par la population. Un clerc, Reza Mousavi Vaez, a revendiqué être l’homme en tenue religieuse filmé de loin lors de la cérémonie de Téhéran, que des partisans avaient pris pour le guide, tandis que des vidéos générées par intelligence artificielle le montrant déguisé parmi la foule ont circulé.
Du côté occidental, le président américain Donald Trump a qualifié Mojtaba Khamenei de « plus rationnel » que son père, tout en reconnaissant qu’il souffre d’une « blessure grave ». Les services de renseignement américains estimaient en mai qu’il jouait un rôle central dans la stratégie de guerre aux côtés des hauts responsables iraniens. Israël, par la voix de son ministre de la Défense Israël Katz, a explicitement menacé le nouveau guide de mort, et la diplomatie israélienne a ironisé sur son absence en publiant une photo de manifestants en Irak brandissant son portrait, légendée « présence enthousiaste de Mojtaba aux funérailles de son père en Irak ». Pour l’opposition iranienne, cette absence conforte la thèse d’un dirigeant fantoche, incapable d’exercer le pouvoir, dont la nomination viserait à masquer un vide décisionnel.
L’invisibilité du successeur intervient alors que le cessez-le-feu avec les États-Unis reste fragile et que la République islamique doit gérer les conséquences d’un conflit dévastateur. L’incertitude sur l’état de santé réel du guide suprême et sur l’identité de ceux qui exercent effectivement l’autorité complique la lecture des rapports de force à Téhéran. Aucune indication officielle n’a été donnée sur la date d’une éventuelle apparition publique de Mojtaba Khamenei, et le dossier reste suspendu aux prochaines communications écrites ou aux décisions du Conseil des religieux qui l’a intronisé.
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Le monde islamique et les masses populaires pleurent la perte de l'Imam Shahid et réaffirment leur loyauté envers le Guide suprême.
En utilisant des titres religieux comme 'Imam Shahid' et en citant des chiffres de participation massifs, le récit sacralise le régime et présente l'absence du successeur comme sans importance face au mandat populaire.
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