
L’Afghanistan riposte par des frappes au Pakistan, la tension frontalière s’aggrave
Après des raids pakistanais meurtriers, Kaboul annonce avoir visé des bases de l’État islamique au Baloutchistan, tandis qu’Islamabad affirme avoir intercepté des drones.
Les forces du gouvernement taliban afghan ont annoncé, mercredi 1er juillet, avoir mené des frappes aériennes contre des positions du groupe État islamique (EI-K) dans les provinces pakistanaises du Baloutchistan et de Khyber Pakhtunkhwa. Selon Kaboul, ces installations servaient à coordonner des attentats contre des civils en Afghanistan. L’armée pakistanaise a de son côté déclaré avoir neutralisé quatre drones « rudimentaires » lancés depuis le territoire afghan, mettant en garde contre toute nouvelle provocation. Cet échange de tirs intervient deux jours après des bombardements pakistanais dans l’est de l’Afghanistan, qui ont fait au moins 28 morts civils selon les Nations unies, et jusqu’à 36 selon les autorités afghanes.
Les deux capitales s’accusent mutuellement d’abriter et de soutenir des groupes armés. Islamabad affirme que les frappes du 28 juin visaient des repaires de militants du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) et de Jamaat-ul-Ahrar, responsables d’attaques sur son sol. Kaboul dément tout soutien à ces groupes et dénonce des « actes de lâcheté » contre des zones résidentielles. Dans ce contexte, New Delhi a condamné les raids pakistanais comme une « agression flagrante » portant atteinte à la souveraineté afghane, une position qui s’inscrit dans la rivalité indo-pakistanaise régionale.
La reprise des hostilités met à mal le fragile cessez-le-feu conclu en octobre 2025 après des semaines d’affrontements meurtriers. La frontière de 2 600 kilomètres, héritée de la ligne Durand, demeure un point de friction permanent. Pékin, qui a tenté une médiation en avril lors d’une rencontre à Ürümqi, voit ses efforts compromis par ce nouveau cycle de violences. La Chine, soucieuse de sécuriser le corridor économique sino-pakistanais, pourrait accentuer sa pression diplomatique, mais les canaux de dialogue restent grippés.
La capacité aérienne limitée du régime taliban – essentiellement des hélicoptères et des drones légers, sans aviation de combat – n’a pas empêché une démonstration de force inédite au-delà de ses frontières. Les frappes afghanes, si elles sont confirmées, marquent une escalade significative dans un conflit où les civils paient le plus lourd tribut. Aucune nouvelle initiative de paix n’est annoncée à ce stade, et les deux parties ont convoqué leurs diplomates respectifs pour des protestations officielles, laissant présager une poursuite des tensions.
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Les frappes aériennes pakistanaises dans les provinces afghanes ont tué au moins 28 civils, dont des femmes et des enfants, selon l'ONU. Le gouvernement taliban a condamné l'attaque comme une atrocité lâche. Les tensions frontalières se sont ravivées, les talibans ripostant en frappant ce qu'ils affirment être des positions de l'État islamique au Pakistan.
Les talibans afghans ont revendiqué des frappes de drones contre des bases de l'État islamique dans les provinces pakistanaises du Baloutchistan et de Khyber Pakhtunkhwa. Ils ont allégué qu'une école dans la zone de Saran servait de cachette aux combattants de l'ISIS. Ces frappes marquent une nouvelle escalade des tensions transfrontalières.
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