
À Doha, Washington et Téhéran affichent des progrès prudents sur la dénucléarisation et le détroit d’Ormuz
Le président américain a salué des réunions « très bonnes » tandis que l’Iran confirme l’établissement d’un canal de communication pour signaler les violations du mémorandum d’entente.
Des discussions techniques indirectes entre les États-Unis et l’Iran se sont tenues mercredi à Doha, sous médiation qatarie et pakistanaise, et ont été qualifiées de « très bonnes » par le président Donald Trump. Selon les déclarations de la Maison-Blanche, la « dénucléarisation de l’Iran progresse bien » et les deux parties « s’entendent très bien », en dépit des frappes réciproques de la semaine précédente. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a annoncé de son côté la conclusion des pourparlers et la mise en place, d’ici jeudi, d’un canal de communication destiné à signaler et enregistrer les violations du mémorandum d’entente signé en juin.
La partie américaine, représentée à Doha par les émissaires Jared Kushner et Steve Witkoff, n’a pas participé directement aux échanges techniques, mais s’est entretenue avec le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères du Qatar, ainsi qu’avec l’émir Tamim ben Hamad Al Thani. D’après des sources diplomatiques citées par l’AFP, ces réunions de « bas niveau » visaient à « consolider les progrès réalisés lors du sommet du lac des Quatre-Cantons » en Suisse. Le Wall Street Journal rapporte que le président Trump a récemment examiné avec ses conseillers militaires des options de reprise des frappes contre l’Iran, mais a choisi de privilégier la voie diplomatique, tout en se disant prêt à prolonger les négociations au-delà de l’échéance du 18 août.
Téhéran maintient qu’aucune discussion directe n’a eu lieu et qu’aucune nouvelle clause du mémorandum ne sera activée tant que les premières ne seront pas pleinement appliquées. Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a souligné que le détroit d’Ormuz demeure un « don divin » et un instrument de puissance pour l’Iran, tout en insistant sur la nécessité de régler les questions liées au Liban et aux avoirs iraniens gelés. Selon les médias d’État iraniens, les discussions de Doha ont porté sur l’utilisation d’une première tranche de six milliards de dollars d’avoirs débloqués, destinée à l’achat de biens nécessaires à la République islamique.
Le mémorandum d’entente, conclu sous l’égide du Qatar et du Pakistan, prévoit un cessez-le-feu de soixante jours, la réouverture du détroit d’Ormuz et un calendrier pour un accord définitif sur le programme nucléaire iranien et la fin de la guerre au Moyen-Orient. Depuis sa signature, des échanges de tirs ont toutefois mis à l’épreuve la trêve : un navire commercial a été pris pour cible par l’Iran, les États-Unis ont riposté contre des cibles militaires iraniennes, et Téhéran a visé des bases américaines au Koweït et à Bahreïn. Les cours du pétrole ont reculé ces derniers jours, les marchés pariant sur une stabilisation du trafic dans le détroit.
Les médiateurs qataris et pakistanais poursuivent leurs consultations séparées avec les deux délégations, et le porte-parole de la diplomatie qatarie a fait état de « progrès positifs » sur le mémorandum de quatorze points. Aucune rencontre de haut niveau n’est programmée dans l’immédiat, mais les canaux techniques restent actifs. La prochaine étape formelle dépendra de la mise en œuvre du mécanisme de signalement des violations et de la poursuite des discussions sur le volet libanais, alors que le Hezbollah et Israël observent un calme relatif depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.
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Le récit oppose la vantardise de Trump d'avoir frappé durement l'Iran à sa prétention d'excellentes relations, jetant le doute sur la sincérité de l'ouverture diplomatique. Les pourparlers indirects à Doha sont présentés comme une tentative fragile de gérer les tensions plutôt qu'un véritable processus de paix, le souvenir des récentes frappes militaires restant vif.
L'évaluation optimiste de Trump est rapportée sur un ton détaché, en notant ses références aux records boursiers et à la baisse du prix du pétrole comme si la question iranienne n'était qu'une transaction commerciale de plus. L'aveu des frappes récentes est présenté de manière factuelle, laissant au lecteur le soin de percevoir l'ironie de 'relations excellentes' après des bombardements militaires.
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