
Arrestations, blocus et porte-avions : l’offensive tous azimuts de Washington contre Cuba
L’arrestation d’un présumé agent d’influence cubain aux États-Unis illustre une stratégie américaine mêlant pressions économiques, militaires et judiciaires pour faire tomber le régime castriste.
L’administration Trump a placé en détention fédérale Carlos Antonio Lloga Domínguez, son épouse et leur fils, en vue de leur expulsion vers Cuba. Selon le département d’État américain, M. Lloga Domínguez a œuvré pendant plus d’une décennie comme « subversif étranger » pour le compte de l’Institut cubain d’amitié avec les peuples (ICAP), qualifié de « groupe de façade » des services de renseignement de La Havane. Cette arrestation, annoncée le 4 juin, s’inscrit dans un durcissement général de la pression sur l’île, où un blocus naval de facto prive la population de pétrole depuis six mois, provoquant des coupures d’électricité massives et une crise humanitaire aiguë.
Du point de vue de Washington, l’ICAP constitue le « nœud central d’une vaste opération d’influence et de renseignement cubaine » qui s’étendrait à plus de 2 000 organisations dans 150 pays. Le secrétaire d’État Marco Rubio a sanctionné l’institut au début du mois de mai, gelant ses avoirs aux États-Unis et interdisant toute transaction avec lui. La Maison-Blanche accuse ce réseau de diffuser une « propagande anti-américaine », de recruter des militants et des élus favorables au régime, et d’entretenir des liens étroits avec des groupes de la gauche radicale américaine, parmi lesquels CodePink ou le Parti pour le socialisme et la libération. Une enquête du département de la Justice et du Trésor vise par ailleurs 145 organisations à but non lucratif, syndicats et collectifs militants qui, selon les enquêteurs, se coordonneraient avec La Havane.
Face à cette offensive, les autorités cubaines maintiennent que l’ICAP est une simple organisation de défense d’intérêts et dénoncent une ingérence. Sous la contrainte, le régime a annoncé un vaste plan de libéralisation économique prévoyant la privatisation d’entreprises d’État et la création de banques. Dans les capitales européennes, on observe avec attention les conséquences d’un décret présidentiel américain qui expose à de lourdes sanctions les sociétés étrangères associées au gouvernement cubain, ce qui pourrait affecter des intérêts économiques en Espagne, en France ou au Canada. La présence depuis mai du groupe aéronaval du porte-avions USS Nimitz dans les eaux proches de l’île ajoute une dimension militaire à la pression diplomatique et financière.
L’étau s’est resserré depuis janvier, avec le renforcement de l’embargo énergétique, l’inculpation de l’ancien président Raúl Castro pour son rôle présumé dans la destruction d’avions civils en 1996, et l’ouverture de négociations directes par le chef de la CIA, John Ratcliffe, qui n’ont guère progressé. En mars, un convoi humanitaire parrainé par l’ICAP et auquel participaient le commentateur politique américain Hasan Piker, la cofondatrice de CodePink Medea Benjamin et l’ex-dirigeant travailliste britannique Jeremy Corbyn, a fait l’objet de citations administratives de la part du Trésor américain. Les expulsions des trois ressortissants cubains sont attendues dans les prochaines semaines, tandis que la Maison-Blanche laisse entendre que d’autres mesures pourraient viser les partenaires étrangers de La Havane.
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Les autorités américaines ont arrêté trois ressortissants cubains accusés d'agir comme agents d'influence pour La Havane. Leur statut légal a été révoqué et ils sont en détention fédérale en attendant leur expulsion. Cette action est présentée comme une mesure nécessaire pour protéger la sécurité nationale contre la subversion étrangère.
Washington resserre l'étau autour de Cuba avec un blocus économique et énergétique, appuyé par le déploiement d'un porte-avions. La mise en examen de l'ancien président Raul Castro laisse entrevoir une possible escalade militaire. Pourtant, le régime pourrait encore se sauver en capitulant devant les exigences de la Maison-Blanche, transformant cette crise en hold-up géopolitique.
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