
Washington s’apprête à frapper les acheteurs de pétrole russe de droits de douane punitifs
La Maison-Blanche a donné son feu vert à un projet de loi sénatorial bipartisan visant à imposer des tarifs de 500 % aux pays important des hydrocarbures russes, afin d’accentuer la pression sur Moscou.
L’administration Trump a accepté de soutenir un projet de loi sénatorial qui permettrait au président américain d’imposer des droits de douane allant jusqu’à 500 % sur les importations en provenance de tout État achetant du pétrole, du gaz ou de l’uranium russes. L’accord, annoncé le 10 juillet 2025 par les sénateurs Lindsey Graham (républicain) et Richard Blumenthal (démocrate) à l’issue d’une visite à Kiev, lève un blocage de plusieurs mois de l’exécutif et ouvre la voie à un vote dans les prochaines semaines. Selon les quatre élus à l’origine du texte, la mesure vise à « faire payer un prix élevé à ceux qui alimentent la machine de guerre de Poutine » et à forcer Moscou à négocier sérieusement la fin du conflit en Ukraine.
Du point de vue des milieux politiques américains, ce revirement de la Maison-Blanche s’explique par une conjonction de facteurs. D’une part, la baisse des cours du brut consécutive à l’apaisement du conflit avec l’Iran rend l’arme tarifaire moins risquée pour l’économie mondiale. D’autre part, les récents succès militaires ukrainiens, relayés par les sénateurs, auraient convaincu le président Trump de la pertinence d’un levier économique supplémentaire. Le texte, qui compte déjà le soutien de plus de 80 sénateurs, confère au chef de l’exécutif une grande latitude : il ne rend pas les sanctions automatiques, mais l’autorise à les déclencher s’il juge que la Russie ne s’engage pas de bonne foi dans un règlement politique.
Les capitales étrangères réagissent en ordre dispersé. À Moscou, la porte-parole de la diplomatie russe a déclaré que le pays s’est « adapté à toute pression », tandis que des analystes russes soulignent que le projet de loi ne fait qu’élargir une panoplie de sanctions déjà largement contournées. En Chine et en Inde, premiers acheteurs de brut russe, les autorités n’ont pas commenté officiellement, mais des sources proches des milieux d’affaires indiens évoquent des discussions avec Washington pour accroître les achats de pétrole américain en remplacement. En Europe, où la dépendance directe aux hydrocarbures russes a fortement diminué depuis 2022, l’inquiétude se concentre sur les États membres encore liés par des contrats, comme la Hongrie et la Slovaquie, que le sénateur Graham avait menacées de « conséquences » en septembre 2024. La Commission européenne, sans se prononcer sur le fond, rappelle que toute mesure extraterritoriale devra respecter les règles de l’OMC.
Le projet de loi s’inscrit dans une série de onze initiatives anti-russes déposées au Congrès en 2025, dont deux visant à désigner la Russie comme État sponsor du terrorisme. Il intervient alors que l’administration Trump avait, quelques semaines plus tôt, laissé expirer une licence autorisant certains pays à importer du pétrole russe par voie maritime, signe d’un durcissement progressif. Le vote en séance plénière du Sénat est attendu avant la fin du mois, et le texte devrait être adopté par une large majorité transpartisane, avant d’être transmis à la Chambre des représentants.
| Presse russe et CEI | −0.80 | critical |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | +0.70 | aligned |
| Presse européenne continentale | +0.20 | neutral |
| Presse latino-américaine | −0.20 | neutral |
La Russie dénonce les sanctions comme un acte d'agression économique de la part des États-Unis, cherchant à étrangler l'économie russe.
En qualifiant à plusieurs reprises les sanctions d'« écrasantes » et en soulignant la désignation terroriste du promoteur, le récit présente l'action américaine comme illégitime et hostile, faisant appel à un sentiment de victimisation et de fierté nationale.
Le bloc russe omet la nature bipartite du projet de loi et l'objectif déclaré de mettre fin à la guerre en Ukraine, présentant plutôt les sanctions comme une agression unilatérale.
Les États-Unis et leurs alliés prennent des mesures décisives pour mettre fin à la guerre en Ukraine en imposant des coûts élevés aux revenus énergétiques de la Russie.
En mettant l'accent sur le soutien bipartite et l'objectif de paix, le récit présente les sanctions comme un outil nécessaire et mesuré, minimisant les éventuelles conséquences négatives pour les marchés énergétiques mondiaux.
Le bloc atlantique omet le chiffre spécifique du droit de douane de 500% et la désignation terroriste du sénateur Graham par le gouvernement russe.
L'Ukraine et ses partenaires européens accueillent les sanctions américaines comme une étape cruciale pour couper le financement de la guerre russe et forcer une solution diplomatique.
En citant l'annonce du sénateur Graham à Kiev et en soulignant l'autorité donnée au président, le récit présente l'accord comme une réalisation concrète qui deviendra bientôt loi, créant un sentiment d'inévitabilité.
Le bloc européen continental omet le cadre russe des sanctions comme un acte d'agression et la désignation de Graham comme terroriste.
Le Brésil et d'autres pays latino-américains observent avec prudence les nouvelles sanctions américaines, notant l'incohérence des revirements de politique de Trump.
En soulignant que les sanctions avaient été bloquées par Trump, le récit suggère que la décision est plus un geste politique qu'une stratégie cohérente, générant du scepticisme.
Le bloc latino-américain omet le soutien bipartite au projet de loi et le taux de droit de douane spécifique de 500%, se concentrant plutôt sur le blocage précédent de Trump.
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