
Enfants désirés, avenir incertain : le dilemme des jeunes à l’échelle planétaire
Une enquête mondiale montre que 80 % des jeunes considèrent les enfants comme une source de bonheur, mais que la précarité économique freine leurs projets parentaux.
Dans son appartement loué d’Agaragaon, un quartier de Dhaka, Imran Hossain hésite. Ce père d’un enfant, employé du secteur privé, envisage un deuxième, mais l’arithmétique domestique le paralyse : visites médicales, couches, lait infantile, frais de scolarité à venir. « Les dépenses vont bondir, mais mon salaire, lui, ne suivra pas », confie-t-il au quotidien Prothom Alo. Son cas n’est pas isolé. Une vaste enquête du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), menée auprès de 108 000 jeunes de 18 à 39 ans dans 73 pays, dresse un constat troublant : partout, les aspirations familiales restent vives, mais se heurtent à un mur de réalités économiques.
Les chiffres donnent le vertige. Huit jeunes sur dix affirment que la joie apportée par un enfant est la raison principale de devenir parent. Pourtant, 88 % considèrent la sécurité financière comme un préalable, 87 % un emploi stable, et plus de la moitié désignent le coût du logement et la précarité comme des obstacles majeurs. En Amérique latine, une étude de l’Universidad Austral en Argentine, menée sur vingt-cinq ans, révèle que la part de la population jugeant « très important » d’avoir des enfants est passée de 77 % en 2015 à 46 % en 2025. Au Mexique, des chercheurs de l’UNAM observent que la crise climatique et l’instabilité de l’emploi pèsent désormais aussi lourd que les considérations personnelles. En Europe, la démographe italienne Letizia Mencarini résume : « Les jeunes ne tournent pas le dos à la famille ; ils n’arrivent tout simplement pas à réunir ce qu’ils considèrent comme des prérequis. »
Ce décalage entre désir et réalité se lit avec une acuité particulière en Asie du Sud. Au Bangladesh, le taux de fécondité, après des décennies de baisse, est remonté à 2,4 enfants par femme, un signal d’alarme dans l’un des pays les plus densément peuplés du monde. Mais cette moyenne masque des fractures béantes : 47 % des filles sont mariées avant 18 ans, et le taux de maternité adolescente atteint 92 pour 1 000. « La population augmente, les terres, non », résume un économiste local. En Inde, où l’âge médian est de 28 ans, la fenêtre démographique offre une opportunité historique, mais le pays peine à créer assez d’emplois formels pour sa jeunesse. En Iran, des économistes s’interrogent : le vieillissement sera-t-il une crise ou une chance, à l’heure où les technologies de santé pourraient contenir les coûts ?
Partout, les jeunes femmes sont en première ligne. L’enquête de l’UNFPA montre qu’elles conditionnent plus que les hommes la parentalité à une situation professionnelle stable, par crainte que la charge des enfants ne repose entièrement sur elles. En Italie, le rapport souligne que les politiques natalistes sous forme de primes ponctuelles ne changent rien : « Pour réaliser leurs désirs de fécondité, les jeunes ont besoin d’un niveau de vie décent, de certitudes professionnelles, d’un accès au logement », insiste Mencarini. En Argentine, le système de retraite par répartition vacille déjà avec 1,5 cotisant pour un retraité, tandis que les naissances ont chuté de 777 000 à 413 000 en dix ans. La conquête de la longévité, célébrée comme un progrès, impose de repenser la solidarité intergénérationnelle.
Au crépuscule, dans les ruelles de Dhaka, les enfants jouent encore nombreux. Mais derrière les rires, des millions de parents potentiels retiennent leur souffle, pris entre l’élan du cœur et la froideur des comptes. La planète, qui comptera bientôt dix milliards d’habitants, n’a jamais abrité autant de rêves de famille inassouvis.
| Presse indienne et sud-asiatique | −0.60 | critical |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | 0.00 | neutral |
| Presse européenne continentale | −0.40 | critical |
| Presse nippo-coréenne | −0.50 | critical |
Le gouvernement bangladais a échoué à assurer la planification familiale, mettant en péril l'avenir du pays.
Le bloc construit son argumentation en mettant en avant des statistiques alarmantes et en blâmant la négligence gouvernementale, créant un sentiment d'urgence.
Le bloc omet la tendance mondiale à la baisse de la fécondité et les barrières économiques qui poussent les jeunes à retarder la parentalité, centrales dans d'autres blocs.
La société argentine évolue, et la baisse de la fécondité est un signe de progrès, pas un problème.
Le bloc normalise la tendance en la présentant comme une conséquence naturelle du développement et du choix personnel, en utilisant des données culturelles à long terme pour soutenir sa position.
Le bloc omet les pressions économiques et sociales qui mènent à l'absence d'enfants, ainsi que les conséquences négatives potentielles du vieillissement de la population, mises en évidence dans d'autres blocs.
Les jeunes Européens sont prêts à avoir des enfants, mais l'économie les déçoit, surtout la classe moyenne.
Le bloc utilise une analyse de classe pour soutenir que les conditions économiques, et non le changement culturel, sont la cause profonde, citant des données d'enquête sur les aspirations.
Le bloc omet le changement culturel vers l'absence d'enfants et les aspects positifs de la baisse de la fécondité, ainsi que le rôle des politiques gouvernementales dans le soutien aux familles.
Les femmes japonaises sont injustement jugées pour ne pas avoir d'enfants, alors que la société rend difficile la conciliation entre travail et famille.
Le bloc utilise des récits personnels et des projections pour souligner le décalage entre les normes sociales et la réalité, suscitant la sympathie pour les femmes sans enfants.
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