
Espagne : l'épouse du premier ministre Pedro Sánchez renvoyée en procès pour trafic d'influence et malversation
La justice madrilène a confirmé le renvoi devant un jury populaire de Begoña Gómez, tout en abandonnant l'accusation de corruption et en levant son interdiction de quitter le territoire.
La cour provinciale de Madrid a ordonné, ce jeudi 16 juillet, le renvoi en procès de Begoña Gómez, épouse du président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, pour des chefs présumés de trafic d'influence et de malversation de fonds publics. La juridiction a en revanche abandonné le délit de corruption dans les affaires et levé les mesures de contrôle judiciaire qui lui interdisaient de quitter l'Espagne et l'obligeaient à pointer régulièrement. La date du procès, qui se tiendra devant un jury populaire comme l'avait requis le juge d'instruction Juan Carlos Peinado, n'a pas encore été fixée.
La défense de Mme Gómez, qui clame son innocence, avait demandé l'abandon total des poursuites, une position également soutenue par le parquet. Le cabinet de Pedro Sánchez a dénoncé une « affaire à motivation politique, née d'une fausse dénonciation d'une organisation d'extrême droite » et visant, selon lui, à « harceler et persécuter l'épouse du premier ministre ». À l'inverse, pour l'opposition conservatrice, ce renvoi confirme la nécessité d'une clarification judiciaire et alimente les appels à la démission du chef du gouvernement et à la convocation d'élections anticipées.
L'affaire trouve son origine dans une plainte déposée par le syndicat Manos Limpias, proche de l'extrême droite, qui s'appuie sur des coupures de presse pour accuser Begoña Gómez d'avoir utilisé le statut de son mari afin d'obtenir la codirection d'une chaire à l'université Complutense de Madrid et de bénéficier de financements publics. Elle est également soupçonnée d'avoir détourné un logiciel développé pour l'université et d'avoir employé une assistante du cabinet du premier ministre pour ses activités académiques. Le parquet avait requis le classement sans suite, estimant les preuves insuffisantes, mais le juge Peinado a poursuivi l'instruction pendant deux ans avant de prononcer le renvoi.
Ce dossier s'inscrit dans une série de procédures judiciaires visant l'entourage du dirigeant socialiste. Quelques jours plus tôt, son frère David Sánchez a été condamné à neuf ans d'interdiction d'exercer une fonction publique pour avoir monnayé son influence afin d'obtenir un poste dans l'administration. Deux anciens collaborateurs de premier plan, Santos Cerdán et l'ex-ministre des Transports José Luis Ábalos – ce dernier condamné à vingt-quatre ans de prison – sont également poursuivis pour corruption. L'ancien président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero, figure tutélaire du socialisme espagnol, a lui-même été mis en examen pour trafic d'influence. Selon des analystes politiques madrilènes, cette accumulation d'affaires fragilise un gouvernement minoritaire qui ne dispose que d'un soutien parlementaire précaire.
Le procès de Begoña Gómez se déroulera devant un jury populaire, une procédure réservée en Espagne à certains délits et qui, selon les données du Conseil général du pouvoir judiciaire, aboutit à des condamnations dans près de 90 % des cas. Le trafic d'influence par un particulier est passible de six mois à deux ans d'emprisonnement, tandis que la malversation peut entraîner jusqu'à huit ans de détention en cas de circonstances aggravantes. Aucune date d'audience n'ayant été arrêtée, le calendrier judiciaire pourrait prolonger l'incertitude politique à Madrid, où Pedro Sánchez exclut pour l'heure toute démission.
| Presse européenne continentale | −0.20 | neutral |
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| Presse arabe Levant-Maghreb | 0.00 | neutral |
| Presse latino-américaine | −0.50 | critical |
Le tribunal de Madrid confirme le procès, mais la Cour de justice de l'UE légitime la loi d'amnistie qui a permis à Sánchez de rester au pouvoir.
En juxtaposant deux décisions indépendantes, le récit crée une impression d'équilibre entre justice nationale et approbation européenne, atténuant l'impact politique du procès.
La suspension des activités officielles de Sánchez au début de l'enquête n'est pas mentionnée.
La femme du Premier ministre sera jugée, mais le Premier ministre lui-même a déjà subi les conséquences en suspendant ses activités.
En mettant l'accent sur la réaction de Sánchez, l'attention se déplace de la culpabilité présumée de son épouse vers un récit de persécution politique contre le Premier ministre.
L'approbation par la Cour de justice de l'UE de la loi d'amnistie, qui a permis à Sánchez de rester en fonction, n'est pas mentionnée.
Le gouvernement espagnol subit un nouveau coup dur : la femme du Premier ministre est jugée pour corruption, tandis que les enquêtes se multiplient.
En accumulant les affaires de corruption et les scandales, on dresse un tableau de crise systémique, suggérant que le gouvernement perd le contrôle.
L'approbation par la Cour de justice de l'UE de la loi d'amnistie et le fait que l'accusation de corruption ait été abandonnée ne sont pas mis en avant.
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