
Washington suspend l’opérateur du téléprompteur de Trump pour des paris fondés sur des discours confidentiels
Gabriel Perez, technicien de confiance du président américain, est accusé d’avoir engrangé plus de 100 000 dollars sur la plateforme Kalshi en misant sur les mots qu’il savait que Donald Trump allait prononcer.
La Maison Blanche a annoncé jeudi la suspension sans solde de Gabriel Perez, l’opérateur du téléprompteur de Donald Trump, visé par une enquête de la Commission des contrats à terme sur matières premières (CFTC) pour avoir utilisé des informations non publiques afin de parier sur le contenu des discours présidentiels. Selon des sources proches de l’enquête citées par la presse américaine, M. Perez, qui travaille aux côtés du président depuis sa première campagne en 2016, aurait réalisé plus de 100 000 dollars de gains en pariant sur plus d’une douzaine d’allocutions, dont le discours sur l’état de l’Union et une intervention au Forum économique mondial de Davos. La plateforme de marchés prédictifs Kalshi a elle-même signalé ces transactions suspectes à l’autorité de régulation après que ses systèmes de surveillance ont détecté des schémas d’achat anormaux sur son marché « Mentions », où les utilisateurs spéculent sur les mots ou thèmes qu’une personnalité publique va aborder.
Du côté de l’exécutif américain, la porte-parole Karoline Leavitt a qualifié les faits de « profondément regrettables et, franchement, une honte », précisant que le président Trump avait été informé et avait ordonné la mise en congé administratif de l’employé. Le porte-parole Davis Ingle a rappelé l’existence de « directives éthiques strictes » à la Maison Blanche, tout en confirmant la pleine coopération du technicien avec les enquêteurs fédéraux. Cette affaire survient alors que, selon des sources internes, un mémo avait été diffusé en mars au personnel de la Maison Blanche pour mettre en garde contre l’utilisation d’informations privilégiées à des fins de paris, soulignant le caractère « très grave » de telles infractions.
L’enquête, menée par la CFTC, a révélé que M. Perez, qui compte parmi les derniers à réviser les textes avant leur prononcé et reçoit les modifications de dernière minute du président, se retirait parfois de ses paris en cours de discours lorsque Trump improvisait et omettait les passages contenant les mots sur lesquels il avait misé. Kalshi a gelé plus de 90 000 dollars de gains sur son compte avant qu’ils ne puissent être retirés. Robert DeNault, responsable de l’application des règles chez Kalshi, a indiqué que l’entreprise « a inculpé cet individu et a aidé les régulateurs dans cette affaire ». Les procureurs fédéraux de Manhattan, saisis du dossier, ont pour l’instant décliné l’ouverture de poursuites pénales, la CFTC négociant un accord civil qui contraindrait M. Perez à restituer ses profits et à s’abstenir de toute opération similaire.
Cette affaire met en lumière les vulnérabilités des marchés prédictifs, un secteur en pleine expansion aux États-Unis mais interdit dans plusieurs pays européens, dont la France. Selon les observateurs du secteur, les plates-formes comme Kalshi et Polymarket, qui permettent de parier sur des événements allant des élections aux décisions de politique monétaire, sont de plus en plus scrutées par les régulateurs en raison des risques de délit d’initié. La sénatrice américaine a d’ailleurs fait adopter en avril une résolution interdisant aux sénateurs de négocier sur ces marchés. L’enquête visant M. Perez s’inscrit dans une série de cas récents, notamment celui d’un militaire américain inculpé pour avoir utilisé des informations classifiées afin de parier sur la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, une opération qui lui aurait rapporté plus de 400 000 dollars. Les discussions en vue d’un règlement à l’amiable entre M. Perez et la CFTC se poursuivent.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | 0.00 | neutral |
| Presse israélienne | −0.70 | critical |
L'enquête est un cas clair de délit d'initié sur les marchés de prédiction, et l'opérateur doit faire face à des conséquences juridiques.
En mettant l'accent sur le cadre réglementaire et la coopération de la plateforme, le récit légitime l'enquête comme une action d'exécution de routine, minimisant l'aspect de trahison personnelle.
Le bloc omet la caractérisation dramatique de l'opérateur comme un initié de confiance qui a trahi le président, se concentrant plutôt sur les aspects techniques de l'enquête.
L'affaire est enquêtée comme un possible abus d'informations privilégiées, et l'opérateur est en négociations de règlement avec les régulateurs.
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