
Crise à la CDU : entre GPA et « pare-feu » anti-AfD, la démission de Spahn rebat les cartes
Le chef du groupe parlementaire conservateur a cédé sous la pression après avoir eu recours à une mère porteuse, une pratique que son parti condamne, tandis que les élections régionales approchent.
La démission, samedi 12 juillet, de Jens Spahn de la présidence du groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag a ouvert une crise politique en Allemagne, dont le dénouement s’est précisé ce mercredi avec la proposition de Thorsten Frei, actuel chef de la chancellerie, pour lui succéder. Selon des sources au sein de l’Union chrétienne-démocrate, le choix de ce proche du chancelier Friedrich Merz a été arrêté lors d’une réunion numérique des dirigeants des deux partis frères, convoquée à 15 heures. Le vote de la fraction est attendu mercredi prochain.
La controverse qui a emporté M. Spahn trouve son origine dans le recours, avec son époux, à une mère porteuse aux États-Unis pour donner naissance à leur premier enfant. Or, la législation allemande interdit la gestation pour autrui (GPA), et la CDU, lors de son congrès de février, a réaffirmé son opposition à toute libéralisation, y compris altruiste. M. Spahn lui-même, alors ministre de la Santé en 2020, s’était refusé à discuter un assouplissement. Dans les médias allemands, de nombreux élus locaux et responsables de la CDU ont dénoncé un « deux poids, deux mesures » intenable, certains estimant que ce « prêcher l’eau et boire le vin » portait atteinte à la crédibilité du parti, en particulier dans les Länder de l’Est où des élections régionales cruciales se tiendront en septembre.
Dans ce contexte, la déclaration du ministre-président de Saxe, Michael Kretschmer, appelant à « parler avec tous ceux qui veulent parler » et jugeant que « ceux qui parlent encore de pare-feu n’ont pas reconnu les signes du temps », a ravivé les tensions internes sur la stratégie à adopter face à l’Alternative pour l’Allemagne (AfD). Alors que la direction fédérale de la CDU maintient officiellement son refus de toute coopération avec l’extrême droite, les réalités parlementaires en Saxe, en Thuringe ou en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, où l’AfD est donnée en tête des intentions de vote, poussent certains responsables régionaux à envisager des formes de dialogue. Les Jeunesses sociales-démocrates (Jusos) de Saxe ont aussitôt critiqué cette remise en cause du « pare-feu », y voyant un signal dangereux de banalisation de l’extrême droite.
Au-delà du cas Spahn, la crise révèle les difficultés du chancelier Merz à asseoir son autorité sur un parti tiraillé entre une ligne conservatrice stricte et les pressions d’une base inquiète de la montée de l’AfD. Selon des analystes politiques à Berlin, le départ de M. Spahn, perçu comme un rival potentiel, pourrait renforcer temporairement la position du chancelier, mais la question de la GPA et celle du positionnement face à l’extrême droite restent des sujets explosifs. Le débat sur la légalisation de la GPA altruiste, relancé par des juristes comme Frauke Brosius-Gersdorf, se heurte à l’opposition de figures conservatrices telles que l’ancien président de la CDU Armin Laschet, qui a qualifié d’« indécente » l’idée de confier cette question à une Cour constitutionnelle.
Le vote de la fraction sur la nomination de Thorsten Frei, prévu le 16 juillet, devrait entériner la recomposition de l’équipe dirigeante. Mais les élections régionales de septembre en Saxe-Anhalt et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale constitueront le véritable test de la capacité de la CDU à surmonter ses contradictions et à contenir la poussée de l’AfD, dans un paysage politique allemand où, selon les sondages, la formation d’extrême droite talonne désormais les chrétiens-démocrates au niveau fédéral.
| Presse européenne continentale | −0.70 | critical |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | −0.60 | critical |
Les observateurs politiques allemands condamnent l'hypocrisie de Spahn et les dommages causés au bloc conservateur et au chancelier Merz.
En juxtaposant les actions privées de Spahn à sa position publique, le récit construit un cas clair d'hypocrisie, le délégitimant ainsi que son parti.
Les observateurs latino-américains insistent sur le fait que les dirigeants politiques doivent être cohérents entre leur vie privée et leurs positions publiques ; l'hypocrisie de Spahn est inacceptable.
Le récit universalise l'attente morale de cohérence, l'appliquant comme une norme universelle qui condamne Spahn indépendamment des nuances juridiques locales.
Le bloc omet les dynamiques politiques internes à la CDU et le contexte plus large de la montée de l'AfD, se concentrant uniquement sur la contradiction morale.
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