
Washington et Riyad scellent un accord nucléaire civil aux implications régionales
L’accord, qui pourrait autoriser l’enrichissement d’uranium sur le sol saoudien, suscite l’opposition d’Israël et d’experts en non-prolifération, tandis que le Congrès américain entame son examen.
Les États-Unis et l’Arabie saoudite ont signé, le 22 juillet, un accord de coopération nucléaire civil – dit « accord 123 » – accompagné d’un pacte bilatéral de garanties. Ce cadre juridique, d’une durée de trente ans, ouvre la voie à une participation d’entreprises américaines au programme nucléaire saoudien, y compris, après une étude conjointe, à la construction d’une installation d’enrichissement d’uranium sur le territoire du royaume. Le texte, qui sera soumis à une période d’examen de 90 jours au Congrès, se distingue du précédent émirati de 2009 en ce qu’il n’impose ni le Protocole additionnel de l’AIEA autorisant des inspections inopinées, ni l’engagement de renoncer à l’enrichissement et au retraitement.
Pour l’administration Trump, cet accord répond à un double impératif économique et stratégique. Le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, a affirmé qu’il respecte « les normes les plus élevées de sûreté nucléaire et de non-prolifération » tout en offrant des débouchés de plusieurs dizaines de milliards de dollars à l’industrie américaine, notamment à Westinghouse. Riyad, de son côté, défend depuis des années son droit à un programme civil, qu’il présente comme un pilier de sa diversification énergétique. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a toutefois répété que le royaume se doterait de l’arme atomique si l’Iran venait à la posséder.
Les réactions au Moyen-Orient et dans les capitales européennes traduisent de vives inquiétudes. D’anciens responsables israéliens, à l’instar de Naftali Bennett, dénoncent un « échec stratégique grave » susceptible de déclencher une course aux armements régionale. Des experts en non-prolifération basés à Londres, comme Alexander Bollfrass de l’IISS, qualifient l’accord d’« approche révolutionnaire » qui affaiblit les garde-fous internationaux en n’exigeant pas les normes de surveillance les plus strictes. Au Congrès américain, des démocrates tels que le sénateur Edward Markey y voient une contradiction avec la guerre menée contre le programme nucléaire iranien, tandis que certains républicains conditionnent leur soutien à un contrôle américain total sur l’enrichissement.
L’accord dissocie en outre la coopération nucléaire de toute normalisation des relations entre Riyad et Israël, condition pourtant posée par l’administration Biden. Cette évolution est perçue par des analystes à Tel-Aviv comme un indice du recul de l’influence israélienne à Washington. Sur le plan technique, le dispositif prévoit qu’en cas d’opposition américaine à l’enrichissement après l’étude conjointe, l’Arabie saoudite ne pourrait poursuivre ce projet seule ou avec un autre partenaire pendant dix ans. Le dossier entre désormais dans la phase d’examen parlementaire : un rejet nécessiterait une majorité des deux tiers dans les deux chambres pour surmonter un éventuel veto présidentiel, perspective jugée peu probable mais politiquement sensible dans un contexte de guerre ouverte avec l’Iran et de menaces houthies contre les voies maritimes saoudiennes.
| Presse latino-américaine | −0.60 | critical |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | 0.00 | neutral |
| Presse russe et CEI | −0.50 | critical |
L'Amérique latine alerte : l'accord nucléaire américano-saoudien est une porte ouverte à la prolifération et à une course aux armements dans la région.
En présentant l'accord comme une voie directe vers une bombe nucléaire saoudienne et en soulignant l'alarme d'Israël et de l'Iran, le récit crée un sentiment de danger imminent.
Le bloc omet les avantages économiques de l'accord et le fait qu'il inclut certaines garanties, ainsi que le rôle des entreprises américaines dans la construction des infrastructures.
Le Golfe considère l'accord nucléaire américano-saoudien comme une étape pragmatique qui renforce la sécurité énergétique du royaume et le partenariat stratégique, avec les garanties nécessaires.
En mettant en évidence les avantages économiques, le rôle des entreprises américaines et le potentiel de soutien pakistanais, le récit normalise l'accord comme un partenariat stratégique de routine.
Le bloc omet les préoccupations de prolifération et l'absence de contrôles de l'AIEA, ainsi que l'alarme d'Israël et de l'Iran.
La Russie souligne l'absence de garanties dans l'accord nucléaire américano-saoudien, ce qui crée une menace de prolifération.
En se concentrant sur l'absence de garanties précédemment exigées et sur le manque de contrôles de l'AIEA, le récit présente l'accord comme une décision imprudente des États-Unis.
Le bloc omet les avantages économiques et l'aspect du partenariat stratégique, ainsi que le potentiel pour les entreprises américaines de construire des infrastructures.
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