
De la messe en latin d’Écône aux chrétiens évincés de Téhéran
Tandis que la Fraternité Saint-Pie-X conteste son excommunication après des ordinations illicites, en Iran, l’éviction des fidèles de l’église Saint-Pierre illustre une autre forme de rupture avec l’autorité religieuse.
Dans la fraîcheur d’un matin d’été valaisan, le 2 juillet, l’abbé Pascal Schreiber, revêtu des ornements sacerdotaux, célébrait sa première messe en tant qu’évêque à Écône, au siège de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. Tourné vers l’autel, dos aux fidèles, il prononçait les paroles du canon en latin, sous les volutes d’encens, perpétuant un rite que l’Église romaine a marginalisé depuis le concile Vatican II. Cette ordination, conférée sans mandat pontifical, a aussitôt ravivé une fracture ancienne.
Le même jour, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi confirmait l’excommunication des six évêques de la Fraternité, déclarant celle-ci en état de schisme. Les mariages et confessions administrés par ses prêtres furent déclarés invalides, bien que leurs messes restent valides mais illicites. Le 11 juillet, la Fraternité a déposé un recours préliminaire, suspendant l’exécution du décret, et dénonce une sanction « injuste et invalide ». Fondée en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre, la communauté, qui revendique quelque 600 000 fidèles dans le monde et reste influente dans les milieux conservateurs européens et américains, rejette les réformes du Concile et défend un modèle de société patriarcal et un idéal d’État théocratique. Déjà excommuniée en 1988, elle avait été partiellement réhabilitée par Benoît XVI en 2009, mais les nouvelles consécrations épiscopales ont rouvert la crise.
Au Brésil, le prêtre Françoá Costa, lié à la Fraternité, a vu sa communauté de Ceilândia, dans la banlieue de Brasília, frappée d’excommunication. La Conférence nationale des évêques brésiliens a précisé que ses messes, bien que valides, sont illicites, et que les sacrements de pénitence et de mariage qu’il célèbre sont nuls. Le prêtre conteste cette décision, invoquant une « juridiction extraordinaire » prévue par le droit canonique, et a annoncé qu’il continuerait à dire la messe quotidiennement, en mentionnant le nom du pape.
À des milliers de kilomètres, une autre communauté religieuse subit une forme différente de rupture avec l’autorité. À Téhéran, le 11 juillet, le dernier résident du complexe de l’église évangélique Saint-Pierre a été contraint de quitter les lieux, après une décision de justice datant de 1998 qui transférait la propriété à la fondation étatique Setad. Les experts des Nations unies ont condamné cette expulsion forcée, rappelant que vingt familles ont dû abandonner leurs maisons, leur école et leur lieu de culte en seulement deux semaines. Ils y voient un nouvel épisode d’une pression systématique contre les chrétiens iraniens, en particulier les convertis de langue persane, dont plusieurs dizaines sont détenus. Aucune église protestante n’est aujourd’hui autorisée à célébrer en persan dans le pays.
Sous les voûtes de la chapelle Santo Atanásio, le père Françoá Costa continue de faire face à l’autel, dos à une assemblée qui, malgré l’excommunication, se réunit chaque jour. Une image qui, à sa manière, fait écho à la résistance silencieuse des fidèles de Téhéran, privés de leur sanctuaire historique.
| Presse latino-américaine | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.20 | neutral |
| Presse atlantique / anglosphère | −0.80 | critical |
The Church must enforce its doctrine; those who break from tradition face consequences.
By focusing on the legal technicalities of excommunication, the narrative presents church authority as legitimate and procedural.
The simultaneous seizure of a church in Iran by state authorities is not mentioned, which would frame the story as a conflict between church and state rather than internal discipline.
The Fraternity remains faithful to the Church and seeks justice through proper channels.
By framing the excommunication as a procedural matter subject to appeal, the narrative normalizes the conflict within church law.
The human rights dimension of the Tehran church seizure is absent, which would shift focus from internal to external authority.
The Iranian government must restore the church and respect religious freedom.
By invoking UN experts and human rights language, the narrative internationalizes the conflict and delegitimizes state action.
The internal Catholic dispute in Brazil is omitted, which would complicate the narrative of pure state repression.
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