
Kenya : la justice rejette la légalisation du cannabis rastafari, mais appelle à un débat national
La Haute Cour de Nairobi a débouté la communauté rastafari, tout en soulignant l’urgence d’une réflexion collective sur la politique des drogues.
La Haute Cour du Kenya a rejeté, le 15 juillet, la requête de la Rastafari Society of Kenya visant à obtenir une exemption religieuse pour l’usage du cannabis. Le juge Bahati Mwamuye a estimé que les pétitionnaires n’avaient pas démontré que la consommation de cette substance constituait un élément indispensable de leur foi, et que la loi sur les stupéfiants, d’application générale, ne violait pas la liberté de culte garantie par la Constitution. Cette décision met fin à six années de procédure, mais la communauté a annoncé son intention de faire appel.
Les plaignants, s’appuyant sur la reconnaissance du rastafarisme comme religion protégée par un jugement de 2019, affirmaient que le cannabis est un sacrement dont l’usage privé lors du culte devait être autorisé. Ils ne réclamaient pas une légalisation générale, mais une exemption limitée aux domiciles et lieux de prière. L’État kényan s’y est opposé, arguant qu’une telle exception affaiblirait la lutte contre le trafic de drogue et créerait des failles juridiques. Selon les autorités, la loi sur les substances psychotropes vise à protéger la santé publique et ne cible aucune religion en particulier.
Au-delà du rejet, le juge Mwamuye a toutefois consacré une partie de son arrêt à un constat sociétal : la consommation de cannabis est devenue « omniprésente » au Kenya, et les produits dérivés sont ouvertement vendus. Il a appelé à une « conversation nationale franche » sur la politique des drogues, estimant que le statu quo paraissait « intenable ». Cette prise de position fait écho à un débat plus large en Afrique de l’Est, où plusieurs voix plaident pour une régulation qui générerait des emplois et des recettes fiscales. Le magistrat a également questionné l’emploi des ressources policières pour la répression des petits usagers, alors que des crimes graves restent impunis.
La communauté rastafari, dont les effectifs exacts sont inconnus mais en croissance parmi la jeunesse, entretient un lien historique avec le pays : les dreadlocks étaient portées par les combattants Mau Mau lors de la révolte anticoloniale des années 1950. En 2019, la justice avait déjà donné raison à une élève exclue de son école en raison de ses dreadlocks, consacrant le rastafarisme comme religion protégée. Aujourd’hui, certains fidèles dénoncent des lois « sataniques », tandis que des chrétiens se félicitent du jugement. L’appel annoncé par l’avocat Danstan Omari promet de prolonger le contentieux, alors que le juge a invité le pays à dépasser le seul cadre judiciaire pour trancher cette question de société.
| Presse africaine subsaharienne | 0.00 | neutral |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | 0.00 | neutral |
| Presse indienne et sud-asiatique | −0.10 | neutral |
Le juge Mwamuye parle au nom du système judiciaire kenyan, rejetant la pétition mais appelant à un débat national.
Le jugement est présenté comme un exercice d'équilibre entre le respect de la loi et la nécessité d'une mise à jour politique, rendant la décision judiciaire raisonnable et tournée vers l'avenir.
Le juge Mwamuye parle au nom du tribunal, rejetant la demande mais appelant à un débat national.
La décision est présentée comme un rejet légal mais avec une invitation à une discussion plus large, rendant la position du tribunal apparemment ouverte et non dogmatique.
Le tribunal kenyan parle avec autorité, jugeant que le cannabis n'est pas essentiel à la foi rastafarienne, refusant ainsi la demande.
Le jugement est présenté comme une simple constatation factuelle – le cannabis n'est pas essentiel – sans reconnaître la complexité du débat social, rendant la décision apparemment définitive et fermée.
Le rapport omet l'appel du juge à un débat national sur le cannabis, ce qui aurait pu présenter la décision comme moins catégorique et plus ouverte à une réforme future.
Élargis ton regard
New York : le maire Mamdani étudie l’arrestation de Netanyahou à l’ONU
10 langues · 21 sources
Depuis Economy & MarketsArgentine, Brésil, Iran, Indonésie : les économies émergentes à l’épreuve de la stabilité financière et des flux de capitaux
5 langues · 8 sources
Depuis TechnologyKimi K3, l’arme open source de Pékin pour redessiner la gouvernance mondiale de l’IA
7 langues · 17 sources