
Coup d’arrêt judiciaire à la croisade anti-obésité de Trump
Un juge fédéral bloque les restrictions sur les achats de sodas et de sucreries par les bénéficiaires du programme SNAP, tandis que la Maison Blanche dément l’accès privilégié du président à un médicament amaigrissant expérimental.
Un tribunal fédéral de Washington a suspendu lundi la tentative de l’administration Trump d’interdire aux allocataires du programme d’aide alimentaire SNAP d’acheter des sodas et des confiseries dans cinq États. La juge Amy Berman Jackson, nommée par Barack Obama, a estimé que le département de l’Agriculture outrepassait son autorité en modifiant la définition légale des produits alimentaires éligibles, fixée par le Congrès. La décision, immédiatement exécutoire pour le Colorado, l’Iowa, le Nebraska, le Tennessee et la Virginie-Occidentale, fragilise les dérogations similaires déjà accordées à dix-huit autres États.
Le verdict constitue un revers pour le volet nutritionnel de l’initiative « Make America Healthy Again », portée par le secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr. et la secrétaire à l’Agriculture Brooke Rollins. Les plaignants, représentés par le National Center for Law and Economic Justice, faisaient valoir que ces restrictions compliquaient la gestion de maladies chroniques comme le diabète et semaient la confusion chez les détaillants. La Maison Blanche a réagi en dénonçant un « jugement militant » et en promettant de poursuivre le combat, tandis que les associations anti-faim y voient une feuille de route pour de futures contestations judiciaires.
Parallèlement, la presse américaine et israélienne s’interroge sur l’octroi, en avril dernier, d’un accès compassionnel à un traitement expérimental contre l’obésité du laboratoire Eli Lilly pour un homme de 79 ans souffrant d’hypertension pulmonaire. Le média spécialisé STAT a révélé que la demande, émanant d’un clinicien des National Institutes of Health, avait mobilisé les plus hauts responsables sanitaires. La Maison Blanche a vivement nié que le patient fût Donald Trump, sans toutefois fournir de réponse directe aux questions des journalistes, et a renvoyé vers un bilan de santé présidentiel ne mentionnant pas les pathologies décrites.
Ces deux affaires s’inscrivent dans un contexte de pression accrue de l’exécutif américain sur les politiques de prix des médicaments. La doctrine dite de la « nation la plus favorisée », qui vise à aligner les tarifs américains sur ceux pratiqués à l’étranger, complique les négociations des laboratoires avec les autorités sanitaires européennes. Eli Lilly a confirmé son intention de lancer sa pilule amaigrissante en Europe et au Royaume-Uni d’ici 2026-2027 en ciblant prioritairement le marché du paiement direct, via des plateformes de télésanté, tout en continuant à solliciter un remboursement public lorsque cela reste possible.
La bataille juridique autour du programme SNAP devrait se poursuivre en appel, tandis que les gouvernements européens observent avec attention l’impact des nouvelles règles de prix américaines sur l’accès aux innovations thérapeutiques. La prochaine échéance réglementaire à surveiller est la publication des premières autorisations de mise sur le marché européen pour les formes orales des anti-obésité de Lilly, attendue au second semestre 2026.
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Un juge fédéral a bloqué les restrictions SNAP sur les sodas et bonbons voulues par l'administration Trump, mais la Maison Blanche prévient que ce n'est pas le dernier mot. L'exécutif revendique un mandat pour rendre l'Amérique plus saine et nie avec véhémence les rumeurs d'accès privilégié du président à un médicament amaigrissant expérimental.
Eli Lilly prévoit de lancer sa pilule amaigrissante en Europe d'ici fin 2026 ou début 2027, en visant le marché du paiement direct. L'entreprise compte toujours solliciter un remboursement public auprès des gouvernements européens, même si les nouvelles politiques de prix des médicaments de l'administration Trump risquent de compliquer les négociations.
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