
Panthéonisation de Marc Bloch : un hommage républicain sous tension politique
L’entrée au Panthéon de l’historien et résistant Marc Bloch, le 23 juin 2026, a donné lieu à un discours présidentiel contre « l’esprit de défaite » et à des passes d’armes entre le Rassemblement national et La France insoumise.
Le 23 juin 2026, les cénotaphes de Marc Bloch et de son épouse Simonne Vidal ont été accueillis au Panthéon, sur décision du président Emmanuel Macron. L’historien médiéviste, cofondateur de l’école des Annales, fusillé par la Gestapo en 1944, devient le premier historien à rejoindre la nécropole républicaine. La cérémonie, la sixième organisée sous la présidence Macron, porte à neuf le nombre de personnalités honorées depuis 2017, un record sous la Ve République selon les données communiquées par l’Élysée.
La présidence française a justifié ce choix par le double héritage de Marc Bloch : celui d’un savant attaché à la vérité historique et celui d’un résistant mort pour la France. Dans son discours, Emmanuel Macron a mobilisé l’ouvrage L’Étrange Défaite pour dénoncer un « esprit de défaite » qu’il a qualifié de « poison lent de notre vie publique », visant sans les nommer les courants nationalistes contemporains. Selon l’entourage présidentiel, cité par la presse française, Marc Bloch incarnerait une exigence de lucidité face aux « renoncements » des élites. La famille de l’historien avait demandé que l’extrême droite soit exclue de la cérémonie, une requête respectée par l’Élysée.
Le Rassemblement national, par la voix de Jordan Bardella, a salué la figure du « citoyen-soldat » et a utilisé L’Étrange Défaite pour critiquer le « cynisme » et l’« aveuglement » des élites de 1940, tout en rappelant que Marc Bloch avait été dénoncé par un ancien militant communiste rallié à la Collaboration. La France insoumise, sous la plume de Jean-Luc Mélenchon, a répliqué que les fondateurs du RN étaient du côté de ceux qui criaient « Hitler plutôt que le Front populaire », accusant Bardella de se livrer à un « déguisement électoral ». Des médias suisses et italiens ont replacé cette séquence dans la stratégie mémorielle plus large du président français, y voyant une tentative de structurer un héritage politique à l’approche de la fin de son second mandat.
La panthéonisation, prérogative présidentielle depuis 1958, a connu des usages variables selon les époques, des révolutionnaires aux scientifiques, en passant par les figures militaires de l’Empire. Sous la Ve République, François Mitterrand en avait fait entrer six, Jacques Chirac deux, François Hollande quatre. La sélection opérée par Emmanuel Macron, qui mêle résistants, grands témoins des guerres mondiales et promoteurs de réformes sociétales telles que Simone Veil ou Robert Badinter, est présentée par l’Élysée comme un ensemble cohérent. Des observateurs de la presse helvétique notent que cette politique mémorielle est l’un des volets les plus continus de la présidence Macron, même si la cérémonie Bloch a rassemblé une foule moins nombreuse que celle de Robert Badinter en 2024, selon des témoins cités par Le Figaro.
Les cénotaphes ne contiennent pas de corps, la famille ayant souhaité que les restes de Marc Bloch demeurent dans le Bourg-d’Hem (Creuse) et ceux de Simonne Bloch n’ayant jamais été retrouvés. La cérémonie s’est déroulée en présence d’une partie de la classe politique, mais sans l’extrême droite, conformément au vœu familial. Le débat public autour de l’instrumentalisation de la mémoire historique se poursuit, alors que la campagne présidentielle de 2027 s’ouvre dans un paysage politique fragmenté.
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La panthéonisation de Marc Bloch célèbre son héritage intellectuel et son héroïsme dans la Résistance, mais la décision de Macron alimente le débat sur l'instrumentalisation politique de la mémoire nationale. La cérémonie mêle hommage sincère et calcul stratégique pour l'après-2027.
À Paris, une cérémonie symbolique a fait entrer l'historien et résistant Marc Bloch au Panthéon, sur décision de Macron. La presse russe rapporte l'événement avec détachement, soulignant la reconnaissance de son travail et de son courage, sans insistance politique.
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