
Pénuries de carburant en Russie : Moscou envisage des importations après les frappes ukrainiennes
Face aux attaques de drones sur ses raffineries, la Russie, troisième producteur mondial de pétrole, étudie l’importation de carburants et des subventions pour contenir une crise qui s’étend de la Crimée à la Sibérie.
La Russie, troisième producteur mondial de brut, se trouve contrainte d’envisager l’importation de carburants et une interdiction des exportations de diesel, a annoncé le vice-premier ministre Alexandre Novak le 23 juin. Cette décision, discutée lors d’une réunion gouvernementale la veille, répond à une pénurie croissante d’essence et de gazole provoquée par les frappes répétées de drones ukrainiens contre ses raffineries. La production hebdomadaire d’essence a chuté d’environ 25 % par rapport à la moyenne quotidienne de juin, tandis que les exportations maritimes de produits pétroliers ont reculé de 15 % durant la première quinzaine du mois, selon des données de marché.
La stratégie de Kiev, qui cible les infrastructures de raffinage pour perturber la logistique militaire et peser sur la société russe, a mis à l’arrêt partiel plusieurs sites clés. Les maintenances non planifiées se multiplient, désorganisant les chaînes d’approvisionnement. La crise, d’abord concentrée en Crimée annexée, s’est étendue à la Russie européenne puis à la Sibérie : les régions d’Omsk, de Novossibirsk et d’Irkoutsk ont imposé des quotas à la pompe (40 litres d’essence par véhicule, 80 à 200 litres de diesel), tandis qu’au moins 53 des 89 sujets de la Fédération appliquent des restrictions, selon le média indépendant The Bell.
À Sébastopol, port d’attache de la flotte de la mer Noire, les autorités installées par Moscou ont décrété des « mesures temporaires obligatoires » qui bouleversent la vie quotidienne : transports publics arrêtés à 22 heures, fermeture des commerces et cafés dès 20 heures, éclairage public atténué et interdiction des rassemblements en plein air. Ces dispositions, justifiées par la sécurité, illustrent la gravité de la situation dans la péninsule, où les dépôts pétroliers ont été visés le week-end précédent. La flambée des prix à la pompe et les files d’attente alimentent un mécontentement social que le Kremlin redoute à l’approche des élections législatives de septembre.
Pour contenir l’inflation et préserver la stabilité intérieure, le gouvernement examine des subventions aux carburants importés et des aménagements fiscaux, a indiqué Novak. Une interdiction des exportations de diesel, qui viendrait s’ajouter à celles déjà en vigueur sur l’essence et le kérosène, est à l’étude. Une telle mesure resserrerait le marché mondial du gazole, dont la Russie est un fournisseur majeur pour le Brésil, la Turquie et, indirectement, l’Europe. La prochaine étape à surveiller sera la décision formelle du cabinet sur ces restrictions et l’évolution des capacités de raffinage russes, alors que la campagne de frappes ukrainiennes se poursuit.
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La Russie fait face à une grave pénurie d'essence, les deux tiers des régions rationnant le carburant après les frappes incessantes de drones ukrainiens sur les raffineries. Moscou envisage une interdiction d'exportation de diesel et même des importations de carburant pour faire face. La crise s'aggrave et les perturbations s'étendent à tout le pays.
Les frappes de drones ukrainiens ont privé la Russie d'essence, provoquant pénuries et rationnement dans tout le pays. Moscou évalue des importations de carburant et Poutine a qualifié les attaques de tentative de déstabilisation de la société. La situation est alarmante.
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