
Les États-Unis imposent un blocus naval à l’Iran et intensifient les frappes dans le détroit d’Ormuz
Washington a officiellement rétabli le blocus des ports iraniens et lancé une quatrième série de frappes, tandis que Téhéran rejette tout engagement issu du mémorandum d’Islamabad.
Le Commandement central des forces armées américaines (CENTCOM) a annoncé, mardi 14 juillet, le déclenchement d’une nouvelle vague de frappes contre l’Iran et l’entrée en vigueur d’un blocus naval visant les navires à destination ou en provenance des ports iraniens. L’opération, qui mobilise plus de vingt bâtiments de guerre et des centaines d’aéronefs déployés au Moyen-Orient, a débuté par des bombardements aériens et maritimes de précision contre des installations de missiles, de drones et de défense côtière, selon les communiqués du CENTCOM. Le blocus a été officiellement rétabli à 16 heures, heure de la côte Est des États-Unis, soit le quatrième jour consécutif d’actions militaires américaines directes sur le territoire iranien.
Du côté de Washington, le président Donald Trump a justifié ces mesures par la nécessité de « continuer à dégrader les capacités iraniennes utilisées pour attaquer le transport maritime commercial dans le détroit d’Ormuz ». Après avoir évoqué la veille une taxe de 20 % sur la valeur des cargaisons transitant par le détroit, il a indiqué mardi que des accords commerciaux et d’investissement avec les États du Golfe remplaceraient ce prélèvement. En réponse, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré que Téhéran n’avait « aucune obligation » au titre du mémorandum d’entente en quatorze points signé le mois précédent à Islamabad, estimant que la reprise du blocus et des frappes américaines en avait « démantelé » le socle, à savoir un cessez-le-feu immédiat et permanent. Les autorités iraniennes ont par ailleurs revendiqué des tirs de missiles et de drones contre des bases américaines au Bahreïn et au Koweït, ainsi que des frappes contre deux pétroliers dans le golfe d’Oman.
L’escalade a des répercussions immédiates sur la sécurité régionale et l’économie mondiale. Les Émirats arabes unis ont confirmé que deux de leurs pétroliers avaient été touchés par des missiles balistiques iraniens, faisant un mort et huit blessés. Les forces américaines ont utilisé des missiles Patriot pour intercepter des projectiles visant le Koweït, tout en signalant des réserves limitées de ces systèmes. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a mis en garde contre les « graves conséquences socio-économiques et humanitaires » d’une interruption prolongée du trafic dans le détroit d’Ormuz, par où transite une part substantielle du commerce mondial d’hydrocarbures. Les cours du pétrole ont atteint leur plus haut niveau en quatre semaines.
Ce retour à la confrontation ouverte enterre de facto l’accord-cadre de cessez-le-feu conclu en juin, qui prévoyait une trêve de soixante jours pour négocier une paix durable. Le précédent blocus naval américain, imposé d’avril à juin, avait permis de dérouter plus de 140 navires et d’interdire l’accès à neuf bâtiments, selon le CENTCOM. Aucune nouvelle initiative diplomatique n’est annoncée à ce stade, Téhéran affirmant que la pression militaire ne le contraindra pas à négocier, tandis que Washington maintient que la liberté de navigation dans le détroit ne saurait être soumise à l’interprétation iranienne de l’accord d’Islamabad.
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