
Aux guichets de la connaissance : une planète qui s’inscrit
De Jakarta à Brasília, en passant par Abou Dhabi et New Delhi, les États ouvrent simultanément des programmes gratuits de formation, mêlant intelligence artificielle, langues et gestion des fonds religieux.
Le 26 juin 2026, une collégienne de Brasília remplit un formulaire en ligne pour apprendre le japonais dans un centre inter-scolaire de langues. Le même jour, à Abou Dhabi, un écolier de dix ans est inscrit par ses parents à un atelier d’intelligence artificielle au sein du festival d’été Sheikh Zayed. À Jakarta, un jeune diplômé télécharge un dossier de candidature pour un poste d’assistant manager à l’Agence de gestion financière du hajj, tandis qu’à New Delhi, un bachelier indien valide son inscription sur le portail unifié des admissions de l’Université de Delhi. Ces gestes ordinaires, saisis au même instant sur quatre continents, dessinent une cartographie inédite de l’offre publique de formation.
Dans les Émirats arabes unis, la rentrée estivale prend la forme d’un vaste laboratoire pédagogique. Le festival Sheikh Zayed, qui se tiendra de juillet à août dans le quartier d’Al Wathba, propose plus de quatre-vingts programmes élaborés par quatorze entités nationales. Robotique, cybersécurité, pilotage de drones, mais aussi cours de « savoir-vivre émirati » et de préparation du café arabe : la manifestation mêle innovation technologique et transmission des codes culturels. En parallèle, l’initiative « Compétences internationales » envoie de jeunes diplômés émiratis travailler deux ans dans les bureaux du Groupe de la Banque mondiale, sur des projets liés à l’eau, à l’agriculture ou à l’intelligence artificielle. Selon des observateurs de la région, cette double impulsion – enracinement identitaire et projection globale – reflète la stratégie d’un État qui entend préparer sa jeunesse à l’après-pétrole sans rompre avec son héritage.
Au Brésil, l’investissement public dans le capital humain emprunte des voies plus modestes mais tout aussi révélatrices. Le projet High Tech Course, financé par le Secrétariat à la science et à la technologie du District fédéral, ouvre mille places dans vingt-quatre formations en ligne, accessibles dès l’âge de douze ans. Création de jeux vidéo, marketing numérique, design graphique : les cours visent à réduire la fracture numérique dans un pays où l’accès aux compétences technologiques reste inégal. Simultanément, les Centres inter-scolaires de langues de Brasília proposent des cours gratuits d’anglais, d’espagnol, de français et de japonais aux élèves du réseau public, attribués par tirage au sort électronique. Cette offre linguistique, perçue par les milieux éducatifs latino-américains comme un levier d’ascension sociale, rappelle que la maîtrise des langues étrangères demeure un marqueur de distinction dans les périphéries de la mondialisation.
L’Indonésie et l’Inde complètent ce tableau par des initiatives qui touchent à la gestion du sacré et à la massification universitaire. L’Agence de gestion financière du hajj (BPKH) recrute neuf cadres pour renforcer la transparence et la professionnalisation de l’épargne-pèlerinage, un fonds de plusieurs milliards de dollars dont la gouvernance intéresse autant les autorités religieuses que les marchés financiers. En Inde, l’Université de Delhi inaugure la première phase de son processus d’admission centralisé, où les données biométriques des candidats sont intégrées via une interface gouvernementale sécurisée, fluidifiant l’accès à soixante-treize programmes répartis dans soixante-sept collèges. Au-delà de la prouesse technique, c’est la promesse d’un traitement équitable pour des centaines de milliers de jeunes qui se joue dans ce portail.
De la yourte climatisée du festival d’Abou Dhabi au tirage au sort virtuel des cours de japonais de Brasília, une même logique est à l’œuvre : les États, chacun selon son histoire et ses moyens, tissent des filets de sécurité éducatifs où la gratuité devient un instrument de politique publique. Reste l’image d’un enfant émirati programmant un robot sous le regard d’un mentor de l’Université Mohamed ben Zayed, pendant qu’une adolescente brésilienne répète ses premiers caractères en français dans une salle de classe aux murs décrépis – deux visages d’une planète qui, cet été-là, a décidé d’investir dans l’immatériel.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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Sous le haut patronage des dirigeants, les Émirats lancent un programme estival alliant éducation et divertissement pour la jeunesse, façonnant une génération d'élite prête aux défis mondiaux. L'initiative pour les diplômés émiratis envoie les meilleurs talents dans des bureaux internationaux, renforçant le soft power national. L'État investit stratégiquement dans le capital humain, assurant un avenir d'excellence.
Au Brésil, des milliers de places gratuites dans des cours de technologie et de langues sont ouvertes aux élèves des écoles publiques et à toute personne de plus de 12 ans, démocratisant l'accès au savoir numérique. L'initiative comble le fossé technologique et offre des débouchés concrets, l'État et la société civile se mobilisant pour ne laisser personne de côté. L'été devient ainsi une salle de classe mondiale de l'inclusion et du progrès social.
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