
La BCE relève ses taux face à une inflation persistante, le dollar au plus haut
Le resserrement monétaire en zone euro et la vigueur du billet vert, porté par l’IA, redessinent les équilibres mondiaux et pèsent sur les monnaies émergentes.
La Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs en juin 2026, une décision qui a immédiatement accentué la pression sur l’euro, tombé près de ses plus bas annuels face à un dollar au sommet. Ce tour de vis, le premier depuis plusieurs mois, répond à une inflation qui a atteint 3,2 % en Italie en mai et qui, dans l’ensemble de la zone euro, reste bien au-dessus de l’objectif de 2 %. L’accélération des prix des biens énergétiques non réglementés et des services de transport a partiellement été compensée par le ralentissement des prix alimentaires, mais l’inflation de fond est remontée à 1,7 %.
La divergence des politiques monétaires s’explique par la vigueur de l’économie américaine, dopée par le boom de l’intelligence artificielle et des entrées de capitaux records – 341 milliards de dollars vers les actions américaines depuis janvier, selon Bank of America. Le nouveau président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, maintient un ton restrictif, les marchés anticipant au moins une hausse de taux cette année. En zone euro, les anticipations d’inflation des consommateurs à un an ont reculé à 3,5 % en mai, mais celles à trois et cinq ans restent stables à 2,9 % et 2,4 %, signe que les pressions de long terme persistent, en dépit d’un éventuel cessez-le-feu au Moyen-Orient.
La force du dollar, à des niveaux inégalés depuis quarante ans face au yen, contraint les banques centrales de Séoul à Zurich à intervenir ou à relever leurs taux pour défendre leurs monnaies. En Argentine, le peso a cédé près de 5 % en quelques semaines, un mouvement que le gouvernement de Javier Milei tolère pour éviter un atraso cambiario, tout en restant focalisé sur la baisse de l’inflation et la relance du crédit à la consommation. La demande d’entreprises pour rapatrier des dividendes a explosé après l’assouplissement partiel du contrôle des changes, rappelant la vulnérabilité structurelle du pays.
La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a indiqué que l’institution adopterait une approche « réunion par réunion », tout en jugeant le choc actuel moins sévère que le précédent épisode inflationniste. Les prochaines décisions de Francfort, comme les données sur l’inflation américaine, constitueront les jalons à surveiller pour évaluer si ce cycle de resserrement se prolonge.
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Les consommateurs de la zone euro ont fortement réduit leurs anticipations d'inflation à court terme en mai, avant même l'accord de cessez-le-feu au Moyen-Orient. L'enquête de la BCE suggère que les pressions sur les prix pourraient s'atténuer, réduisant l'urgence de nouvelles hausses de taux. Cependant, le dollar fort continue de peser sur l'euro et les devises des marchés émergents, compliquant les perspectives.
Le dollar fait irruption dans la seconde moitié de 2026 sur une vague d'exceptionnalisme américain, porté par les paris sur des taux d'intérêt américains plus élevés et une demande insatiable d'actifs américains. Cette dynamique du 'vainqueur rafle tout' inflige des souffrances à l'euro et aux devises des marchés émergents, inversant la chute du dollar de l'année dernière. Même la baisse des prix de l'énergie et l'atténuation des risques d'inflation ne peuvent arrêter l'ascension du billet vert.
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