
Argentine : Javier Milei assouplit le crédit en dollars et prépare un « passeport doré » pour attirer les capitaux
Buenos Aires autorise les prêts en devises aux entreprises sans revenus en dollars, tout en finalisant un programme de citoyenneté par investissement destiné à renflouer les caisses de l’État.
Le gouvernement argentin a modifié, le 12 juin, une réglementation héritée de la crise de 2001 qui interdisait aux entreprises sans recettes d’exportation de contracter des emprunts en dollars. Désormais, ces sociétés pourront accéder au crédit en devise américaine à condition d’apporter la garantie d’une entreprise exportatrice. L’objectif affiché est de mobiliser les dépôts privés en dollars, qui ont atteint plus de 39 milliards de dollars dans le système bancaire – un niveau inégalé depuis la fin de la convertibilité en 2002 –, afin de financer une économie domestique asphyxiée par des taux d’intérêt en pesos prohibitifs.
Parallèlement, l’exécutif prépare, selon le Financial Times, un programme de « passeports dorés » qui pourrait être lancé cette année. Deux modalités sont à l’étude : un don non remboursable d’environ 500 000 dollars ou l’achat d’obligations souveraines à coupon zéro pour un million de dollars. Aucune condition de résidence ni de domiciliation fiscale ne serait exigée. Buenos Aires espère ainsi lever des dizaines de milliards de dollars pour honorer ses échéances de dette, alors que le pays reste exclu des marchés internationaux depuis la restructuration de 2020 et que les taux exigés par les créanciers demeurent dissuasifs.
Les réactions à ces deux initiatives dessinent une fracture géographique. En Amérique latine, des économistes libéraux argentins saluent une « étape dans la bonne direction » pour l’intermédiation financière, tout en avertissant que la solidité du dispositif dépendra de la rigueur des garanties exigées par les banques. L’agence de notation Moody’s, depuis les États-Unis, prévient que les emprunteurs sans revenus en devises s’exposent à une dégradation de leur capacité de remboursement en cas de volatilité du taux de change, et que la qualité du crédit reposera in fine sur la santé financière de l’exportateur garant.
En Europe, où les programmes de citoyenneté par investissement ont été interdits par la Cour de justice de l’Union européenne en 2022, les critiques se concentrent sur les risques de blanchiment d’argent et d’atteinte à la réputation. Le Royaume-Uni, qui a supprimé ses visas investisseurs la même année, envisage pourtant de les rétablir sous une forme plus stricte, ciblant notamment les grandes fortunes américaines. Des consultants cités par la presse anglo-saxonne estiment que le passeport argentin, qui ouvre l’accès sans visa à près de 170 pays, pourrait séduire des investisseurs inquiets de la polarisation politique aux États-Unis ou de la pression fiscale en Europe, d’autant que son coût serait très inférieur à celui du visa investisseur néo-zélandais (3 millions de dollars).
Le ministère de l’Économie argentin s’est refusé à tout commentaire. La mise en œuvre du « passeport doré » reste conditionnée à l’adoption d’un cadre légal, alors que le pays a déjà durci sa législation migratoire en 2025, une mesure présentée par le Financial Times comme un préalable à ce programme. La prochaine étape à surveiller sera la publication éventuelle d’un décret ou d’un projet de loi précisant les modalités définitives de la citoyenneté par investissement.
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Argentina launches a 'golden passport' program at $500,000, drawing criticism for commodifying citizenship. Local media cover the story pragmatically, highlighting potential tax revenues but also risks of evasion and corruption. The coverage focuses on immediate fiscal impact and domestic debate.
Argentina sells citizenship to wealthy foreigners, a symptom of Western decadence and economic desperation. Russian media frame the story as an example of how Latin American countries are forced to humiliate themselves for foreign currency, while the West imposes sanctions and double standards. The narrative emphasizes loss of sovereignty and implicit corruption.
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