
Iran : l’inflation annuelle atteint 88,6 %, les prix alimentaires flambent
Les dernières données du Centre statistique iranien révèlent une flambée des prix sans précédent, aggravée par la guerre et les sanctions, qui frappe durement les ménages ruraux et les plus modestes.
Le Centre statistique d’Iran a publié les chiffres de l’inflation pour le mois de Khordad (22 mai-21 juin). L’inflation en glissement annuel (point à point) a atteint 88,6 %, contre 68 % en février, avant le déclenchement du conflit. Les prix des denrées alimentaires ont bondi de 135 % sur un an, avec des hausses spectaculaires pour la viande rouge (178,2 %), les produits laitiers (151,9 %) et les céréales (138,8 %). Dans les zones rurales, l’inflation point à point dépasse 108 %, tandis que l’indice annuel (moyenne sur douze mois) s’établit à 62 %.
Cette flambée résulte de la conjonction de plusieurs facteurs : des sanctions internationales qui étranglent les exportations pétrolières, une guerre de 39 jours avec les États-Unis et Israël qui a, selon le South China Morning Post, causé 270 milliards de dollars de dégâts – soit l’équivalent des pertes de la guerre Iran-Irak – et un blocus naval américain qui a asphyxié le commerce. Pour financer un déficit budgétaire creusé par l’effondrement des recettes pétrolières, l’État contraint la banque centrale à monétiser la dette : la masse monétaire a crû de plus de 53 % l’an dernier, alimentant une spirale inflationniste.
Les ménages les plus pauvres subissent de plein fouet cette envolée des prix. Selon le quotidien économique Donya-e Eqtesad, une famille de quatre personnes consacre désormais 77 % de ses revenus à l’alimentation, sans compter les aides publiques. L’inflation pour les premier et deuxième déciles de revenus est devenue à trois chiffres. La hausse officielle du prix du pain, annoncée pour le 6 tir (samedi), viendra alourdir encore le budget des foyers, malgré les promesses gouvernementales d’augmenter les « kalāberg », ces coupons alimentaires électroniques mis en place après la suppression des subventions sur les devises.
Alors qu’un fragile cessez-le-feu est en vigueur et que des négociations se tiennent en Suisse, la levée des sanctions pétrolières apparaît comme la seule planche de salut pour l’économie iranienne. Le ministre de l’Économie a évoqué la possibilité de vendre du pétrole sans restriction, ce qui pourrait combler le déficit budgétaire et financer les aides promises. Mais le précédent des engagements non tenus pèse sur la crédibilité de l’État. La mise en œuvre de la hausse du prix du pain et les décisions à venir sur les kalāberg seront des indicateurs clés de la capacité du gouvernement à gérer une crise sociale qui ne cesse de s’approfondir.
| Presse iranienne et apparentée | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | −0.80 | critical |
| Presse chinoise | −0.30 | critical |
Le régime iranien rejette les accusations de mauvaise gestion économique et blâme les sanctions étrangères pour l'inflation.
En attribuant la crise à des facteurs externes, le régime déplace la responsabilité et renforce le récit de résistance.
Il omet la corruption interne et les dépenses pour les milices.
L'Occident condamne le régime iranien pour avoir provoqué l'inflation par des politiques échouées et des dépenses de guerre.
En présentant l'inflation comme une preuve de l'incompétence du régime, il crée un jugement moral qui légitime les sanctions.
Il ne reconnaît pas l'impact des sanctions elles-mêmes sur l'économie iranienne.
La Chine attribue l'inflation iranienne aux sanctions unilatérales des États-Unis et à la guerre économique.
En présentant la crise comme une conséquence de l'hégémonie américaine, la Chine renforce sa propre position contre l'unipolarisme.
Elle ne discute pas des politiques économiques intérieures de l'Iran ni de ses dépenses militaires.
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