
Le retour triomphal des Requins Bleus du Cap-Vert, éliminés mais invaincus dans le temps réglementaire
Battus par l’Argentine en prolongation, les footballeurs cap-verdiens ont reçu un accueil de héros dans les rues de Praia, coïncidant avec le jour de l’indépendance.
Le 5 juillet, jour de la fête nationale, la sélection du Cap-Vert a atterri à l’aéroport Nelson Mandela de Praia sous les vivats d’une marée bleue. Les images diffusées par la fédération montrent des agents de piste agenouillés en signe de respect, tandis que des milliers de supporteurs, maillots sur le dos et drapeaux en main, transformaient le retour des joueurs en célébration populaire. La coïncidence avec le cinquante et unième anniversaire de l’indépendance a décuplé la ferveur, offrant au pays une double raison de commémorer.
Pour sa première participation à une Coupe du monde, ce petit archipel de cinq cent mille habitants a déjoué les pronostics. Dans le groupe H, les Requins Bleus ont tenu tête à l’Espagne (0-0), à l’Uruguay (2-2) et à l’Arabie saoudite (0-0), décrochant la deuxième place et une qualification historique pour les seizièmes de finale. Ils devenaient ainsi le plus petit pays à franchir la phase de poules. La presse latino-américaine a largement relayé les propos de l’entraîneur Bubista : « Dignificamos o que é o nosso país ». En Europe, les commentateurs ont salué la discipline tactique d’une équipe qui n’a jamais perdu dans le temps réglementaire du tournoi.
Le sommet de l’épopée fut le duel contre l’Argentine. Menés 1-0, les Cap-Verdiens ont égalisé pour arracher la prolongation, puis ont récidivé après un but somptueux de Sidney Lopes Cabral, avant de s’incliner 3-2. Ce match a révélé au monde le gardien Vozinha, dont les arrêts réflexes ont enflammé les réseaux sociaux : de deux cent mille abonnés sur Instagram avant le Mondial, il est passé à près de vingt-six millions, suscitant une « Vozinhamanía » soulignée par les médias argentins. Au Brésil, où une immense bannière verte et jaune a flotté parmi les drapeaux cap-verdiens lors du cortège, on a vu dans cette passion un écho des liens culturels lusophones.
Au-delà du résultat sportif, ce parcours a résonné dans l’ancien empire colonial portugais et au sein de la diaspora. L’histoire de cet archipel, jadis plaque tournante du commerce triangulaire, s’offrant une place au sommet du football mondial, a ému bien au-delà de l’Afrique de l’Ouest. La presse européenne a relevé le caractère inédit de cette aventure pour un pays dont la sélection n’avait jamais pesé sur l’échiquier continental.
Le Cap-Vert quitte la compétition sans avoir perdu dans le temps réglementaire, après avoir poussé le champion du monde dans ses retranchements. Une performance qui installe les Requins Bleus comme une force montante du football africain, en vue des prochaines éliminatoires de la Coupe du monde 2030.
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