
Washington autorise un accord nucléaire avec Riyad sans les garde-fous renforcés de l’AIEA
L’administration Trump a approuvé un partenariat de trente ans qui pourrait permettre à l’Arabie saoudite d’enrichir de l’uranium sur son sol, en l’absence du protocole additionnel de l’Agence internationale de l’énergie atomique.
Le président des États-Unis, Donald Trump, a donné son accord définitif à un pacte de coopération nucléaire civile avec l’Arabie saoudite, selon des responsables américains cités par le Wall Street Journal, le New York Times et l’Associated Press. D’une durée de trente ans et d’une valeur estimée à plusieurs dizaines de milliards de dollars, l’accord réserve aux entreprises américaines un rôle central dans le développement des infrastructures nucléaires du royaume, en écartant les concurrents étrangers. Il prévoit la possibilité de construire une installation d’enrichissement d’uranium sur le sol saoudien si une étude conjointe américano-saoudienne en démontre la viabilité. Le texte, qui doit être signé par les ministres de l’énergie des deux pays, sera soumis au Congrès dans les prochains jours sans que son approbation ne soit requise pour entrer en vigueur.
Du côté de l’exécutif américain, on justifie ce partenariat par la volonté de renforcer l’influence de Washington sur le programme nucléaire saoudien et d’empêcher tout détournement à des fins militaires. Le secrétaire à l’énergie, Chris Wright, a évoqué un engagement en faveur de la non-prolifération et des retombées économiques pour l’industrie nucléaire américaine. Riyad, de son côté, affirme que son programme vise uniquement à diversifier ses sources d’énergie et à libérer des volumes supplémentaires de pétrole pour l’exportation. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a toutefois déclaré à plusieurs reprises, notamment en 2018 et 2023, que le royaume se doterait de l’arme nucléaire si l’Iran venait à en acquérir une. Les autorités israéliennes, qui considèrent le programme nucléaire iranien comme une menace existentielle, voient avec inquiétude l’émergence d’une capacité d’enrichissement chez un voisin régional, tandis que Téhéran dénonce ce qu’il perçoit comme un deux poids, deux mesures au moment où ses propres installations sont la cible de frappes américaines et israéliennes.
L’accord ne reprend ni le « standard d’or » adopté par les Émirats arabes unis – qui avaient renoncé à l’enrichissement et au retraitement dans leur accord de coopération nucléaire avec Washington – ni le protocole additionnel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui autorise des inspections renforcées et inopinées. Les garanties de non-prolifération reposeront donc sur un mécanisme bilatéral et sur un dispositif technique dit de « boîte noire » censé empêcher le transfert des technologies sensibles d’enrichissement vers Riyad. Si, à l’issue de l’étude conjointe de deux ans, les États-Unis s’opposent à la construction d’une installation d’enrichissement, l’Arabie saoudite ne pourra pas mener ce projet seule ou avec un autre partenaire étranger pendant une décennie. Par ailleurs, le pacte a été dissocié d’une normalisation des relations entre le royaume et Israël, contrairement à la stratégie de l’administration Biden, ce qui, selon des analystes cités par la presse américaine, modifie l’équilibre des incitations diplomatiques dans la région.
Le dossier arrive au Congrès dans un climat régional particulièrement tendu : les opérations militaires américaines et israéliennes contre l’Iran se poursuivent, les rebelles houthis du Yémen menacent de bloquer les ports saoudiens, et un pacte de défense mutuelle a été signé entre Riyad et le Pakistan, dont le ministre de la défense a déclaré que le programme nucléaire de son pays serait « mis à disposition » de l’Arabie saoudite si nécessaire. Des experts en non-prolifération, notamment au sein de l’Association pour le contrôle des armements, estiment que l’absence du protocole additionnel et la perspective d’un enrichissement domestique pourraient abaisser le seuil technique vers une militarisation et encourager une course aux armements au Moyen-Orient. Les parlementaires américains disposent de quatre-vingt-dix jours pour examiner le texte ; pour le bloquer, il leur faudrait réunir une majorité des deux tiers dans les deux chambres afin de surmonter un éventuel veto présidentiel, une hypothèse jugée difficile par les observateurs du Congrès.
| Presse indienne et sud-asiatique | −0.60 | critical |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | −0.50 | critical |
| Presse chinoise | 0.00 | neutral |
L'Inde et l'Asie du Sud dénoncent l'accord comme une menace pour la non-prolifération, mettant en garde contre une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient.
En mettant l'accent sur l'absence de garanties et les déclarations du prince héritier, il crée un cadre de danger imminent et de responsabilité américaine.
Il omet le rôle de surveillance des États-Unis et la possibilité d'un examen conjoint avant l'enrichissement, éléments qui atténueraient la perception d'un risque incontrôlé.
L'Amérique latine met en garde contre les risques de prolifération et dénonce l'exclusion des concurrents internationaux, soulignant la priorité des intérêts commerciaux américains.
En combinant l'absence de garanties avec l'exclusion de la Russie et de la Chine, il dépeint l'accord comme une opération unilatérale et dangereuse.
Il ne mentionne pas le rôle de surveillance des États-Unis ni la possibilité d'un examen conjoint, ce qui pourrait réduire les craintes de prolifération.
La Chine présente l'accord comme une coopération nucléaire civile normale, soulignant le rôle des entreprises américaines et l'exclusion des concurrents, sans exprimer de préoccupations de prolifération.
En adoptant un ton neutre et factuel, il normalise l'accord, évitant de mentionner les garanties manquantes et les risques de prolifération.
Il omet complètement l'absence de garanties internationales et les déclarations du prince héritier saoudien sur la volonté de se doter d'armes nucléaires, éléments qui remettraient en cause la nature pacifique de l'accord.
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