
Farnborough 2026 : le Golfe muscle ses flottes, les retards de livraison irritent les compagnies
Entre commandes massives de flynas et d’Emirates, partenariats industriels d’Abou Dhabi et tensions sur les chaînes d’approvisionnement, le salon aéronautique britannique a mis en lumière les ambitions et les frustrations du secteur.
Le salon aéronautique de Farnborough, qui s’est tenu cette semaine au Royaume-Uni, a été le théâtre d’une double dynamique : une accélération des commandes d’appareils par les transporteurs du Moyen-Orient et des critiques de plus en plus vives adressées aux avionneurs et motoristes sur les retards de livraison. La compagnie saoudienne à bas coûts flynas a annoncé l’acquisition ferme de 25 appareils supplémentaires auprès d’Airbus – cinq A330-900 et vingt A321neo –, portant son carnet de commandes total à 280 avions. Cette commande, destinée à étoffer ses bases opérationnelles dans le royaume et à soutenir la desserte des Lieux saints ainsi que les grands événements à venir (Expo 2030, Coupe du monde 2034), illustre la montée en puissance de l’aviation saoudienne dans le cadre du plan de diversification économique du pays.
Parallèlement, les transporteurs du Golfe ont affiché leur volonté de dépasser le simple rôle d’exploitant pour s’insérer dans la chaîne de valeur industrielle. L’accord-cadre signé entre le fonds souverain d’Abou Dhabi Mubadala et l’avionneur brésilien Embraer prévoit une coopération élargie à la fabrication de structures, à la maintenance et à la formation, en s’appuyant sur les capacités locales de Strata et de Sanad. Cette stratégie, perçue depuis l’Europe comme une tentative de capter une part de la supply chain aéronautique, se heurte toutefois à une réalité opérationnelle tendue. Le président d’Emirates, Tim Clark, a utilisé la tribune du salon pour dénoncer les glissements de calendrier de Boeing, dont le 777-9, initialement attendu en 2020, ne devrait être certifié par l’autorité américaine qu’à la fin 2026 ou au début 2027, repoussant les premières livraisons au deuxième trimestre 2027.
Les commandes n’ont pas concerné que les gros-porteurs long-courriers. La compagnie bermudienne BermudAir a officialisé l’achat de dix Airbus A220-300, une première pour un transporteur caribéen, tandis que Philippine Airlines a partagé ses faveurs entre neuf A350-1000 et quinze Boeing 787-10. En Arabie saoudite, The Helicopter Company, détenue par le fonds public, a renforcé sa flotte avec huit H145 d’Airbus et onze AW139 de Leonardo, dans le cadre d’accords pluriannuels pouvant à terme concerner plus de 250 appareils. Ces mouvements témoignent, selon des observateurs européens, d’un pari maintenu sur la croissance du trafic aérien mondial, en dépit des perturbations causées par les tensions entre Israël, les États-Unis et l’Iran, qui ont conduit l’Agence européenne de la sécurité aérienne à prolonger ses recommandations d’évitement de l’espace aérien régional jusqu’à fin juillet.
La prochaine échéance à surveiller sera la certification de type du Boeing 777-9 par la Federal Aviation Administration, attendue au tournant de l’année 2026-2027, qui conditionne le renouvellement des flottes long-courriers de plusieurs grandes compagnies du Golfe et d’Asie.
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L'Arabie saoudite investit massivement dans l'aviation, commandant 235 Airbus pour connecter le Royaume au monde et soutenir la Vision 2030.
Il met l'accent sur les chiffres records et omet les tensions régionales, projetant une image de croissance inexorable et de leadership.
Il ne mentionne pas l'instabilité régionale ni les retards de livraison, qui sont mis en évidence dans le bloc arabo-levantin.
Les Émirats et les transporteurs arabes consolident leur puissance mondiale, mais dénoncent les goulots d'étranglement industriels et naviguent dans un contexte géopolitique tendu.
Il alterne les annonces de succès avec les critiques des fournisseurs, créant un récit de pouvoir luttant contre des obstacles externes, équilibrant optimisme et réalisme.
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