
Washington et Riyad scellent un accord nucléaire civil sans les garde-fous traditionnels
L’administration Trump autorise l’enrichissement d’uranium saoudien, suscitant l’inquiétude des experts en non-prolifération et des alliés régionaux.
Les États-Unis et l’Arabie saoudite doivent annoncer ce mercredi 22 juillet un accord de coopération nucléaire civile d’une durée de trente ans, selon des responsables américains cités par plusieurs médias. Le texte, approuvé par le président Donald Trump, ouvre la voie à la construction par des entreprises américaines d’une installation d’enrichissement d’uranium sur le sol saoudien, à l’issue d’une étude conjointe de faisabilité. Il ne reprend ni le « standard d’or » qui avait interdit aux Émirats arabes unis en 2009 d’enrichir et de retraiter leur propre combustible, ni le Protocole additionnel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) autorisant des inspections renforcées. Le pacte, évalué à plusieurs dizaines de milliards de dollars, doit être soumis au Congrès dans les prochains jours, mais son entrée en vigueur ne nécessite pas son approbation formelle.
Pour l’administration Trump, cet arrangement répond à un double objectif stratégique et commercial. D’après les déclarations du secrétaire d’État Marco Rubio et du secrétaire à l’Énergie Chris Wright, il s’agit de garantir aux entreprises américaines, au premier rang desquelles Westinghouse, un rôle central dans le développement du programme nucléaire saoudien, tout en écartant les concurrents russes, chinois ou français. Washington affirme que le contrôle exercé par les firmes américaines sur les infrastructures et un accord bilatéral de sauvegarde suffiront à prévenir tout détournement militaire. Du côté saoudien, le programme est présenté comme un pilier du plan Vision 2030, destiné à diversifier le mix énergétique, à libérer des volumes de pétrole pour l’exportation et à valoriser les réserves nationales d’uranium. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a toutefois répété à plusieurs reprises, notamment en 2018 et 2023, que le royaume se doterait de l’arme nucléaire si l’Iran venait à la posséder.
L’accord suscite de vives réserves dans les milieux de la non-prolifération, tant aux États-Unis qu’en Europe. Des experts de l’International Institute for Strategic Studies de Londres et du Royal United Services Institute jugent que l’absence du Protocole additionnel et l’autorisation potentielle d’enrichir créent un précédent qui affaiblit le régime de contrôle hérité du Traité de non-prolifération. Au Congrès, des élus démocrates et républicains ont déjà fait part de leur intention de s’opposer à un texte qui, selon eux, pourrait accélérer une course aux armements dans une région instable. En Israël, l’ancien premier ministre Naftali Bennett a qualifié l’accord d’« échec stratégique sévère », redoutant qu’une capacité d’enrichissement saoudienne ne menace la sécurité du pays. Ces critiques sont renforcées par le contraste avec la guerre que mènent actuellement les États-Unis contre l’Iran, dont l’une des justifications officielles est précisément d’empêcher Téhéran de maîtriser le cycle du combustible.
L’initiative américaine intervient dans un contexte régional particulièrement tendu. Les frappes américano-israéliennes contre l’Iran se poursuivent, tandis que les rebelles houthis du Yémen, alliés de Téhéran, ont annoncé un blocus naval visant les ports saoudiens. La conclusion de l’accord nucléaire a par ailleurs été dissociée de la normalisation des relations entre Riyad et Israël, que les administrations précédentes avaient érigée en contrepartie. Si le Congrès peut théoriquement bloquer le texte par une résolution conjointe, il lui faudrait pour cela réunir une majorité qualifiée capable de passer outre un éventuel veto présidentiel, une hypothèse jugée peu probable par les observateurs à Washington.
| Presse latino-américaine | −0.60 | critical |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | 0.00 | neutral |
| Presse russe et CEI | −0.50 | critical |
L'Amérique latine alerte : l'accord nucléaire américano-saoudien est une porte ouverte à la prolifération et à une course aux armements dans la région.
En présentant l'accord comme une voie directe vers une bombe nucléaire saoudienne et en soulignant l'alarme d'Israël et de l'Iran, le récit crée un sentiment de danger imminent.
Le bloc omet les avantages économiques de l'accord et le fait qu'il inclut certaines garanties, ainsi que le rôle des entreprises américaines dans la construction des infrastructures.
Le Golfe considère l'accord nucléaire américano-saoudien comme une étape pragmatique qui renforce la sécurité énergétique du royaume et le partenariat stratégique, avec les garanties nécessaires.
En mettant en évidence les avantages économiques, le rôle des entreprises américaines et le potentiel de soutien pakistanais, le récit normalise l'accord comme un partenariat stratégique de routine.
Le bloc omet les préoccupations de prolifération et l'absence de contrôles de l'AIEA, ainsi que l'alarme d'Israël et de l'Iran.
La Russie souligne l'absence de garanties dans l'accord nucléaire américano-saoudien, ce qui crée une menace de prolifération.
En se concentrant sur l'absence de garanties précédemment exigées et sur le manque de contrôles de l'AIEA, le récit présente l'accord comme une décision imprudente des États-Unis.
Le bloc omet les avantages économiques et l'aspect du partenariat stratégique, ainsi que le potentiel pour les entreprises américaines de construire des infrastructures.
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