
Trump minimise le rôle de Pékin et Moscou dans l’armement de Téhéran, contre l’avis du Pentagone
Alors que son ministre de la Défense évoquait une « facilitation » des activités iraniennes par la Chine et la Russie, Donald Trump assure que les deux puissances ne participent pas au conflit.
Les déclarations du président américain Donald Trump, le 24 juillet, selon lesquelles la Chine et la Russie ne fournissent pas d’armes à l’Iran et s’y sont engagées, contredisent les informations de son propre secrétaire à la Défense et de services de renseignement occidentaux. Cette divergence intervient alors que Washington et Téhéran sont en guerre depuis février, dans un conflit marqué par une escalade des frappes et le rejet par l’Iran d’une proposition de cessez-le-feu transmise par Bagdad.
Selon des propos rapportés par les agences de presse internationales, M. Trump affirme que le président chinois Xi Jinping, lors d’une récente rencontre à Pékin, et le président russe Vladimir Poutine lui ont personnellement garanti qu’ils ne vendraient ni ne fourniraient d’armes à la République islamique, y compris via des entreprises chinoises. Le locataire de la Maison Blanche assure leur faire confiance, citant sa « relation » avec eux et les « grandes faveurs » qu’il leur accorde. À l’inverse, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a indiqué cette semaine au Sénat que Moscou et Pékin « facilitent, à des degrés divers, certaines des actions de l’Iran » dans le cadre du conflit. Des sources proches du renseignement américain, citées par plusieurs médias, font état d’une enquête sur une éventuelle aide russe à Téhéran pour des frappes de drones contre des installations de la CIA dans le Golfe, hypothèse que le Kremlin s’est refusé à commenter.
Pour les capitales européennes, ces contradictions nourrissent les doutes sur la cohérence de la stratégie américaine au Moyen-Orient, au moment où les alliés de l’OTAN financent l’essentiel de l’aide militaire à l’Ukraine – selon une logique réaffirmée par M. Trump, qui déclare ne pas vendre d’armes à Kiev mais aux pays membres de l’Alliance, sans se préoccuper de leur distribution finale. En insistant sur une relation de confiance personnelle avec MM. Xi et Poutine, le président américain semble minimiser les capacités de contournement des sanctions et les circuits clandestins d’armement, alors même que les États-Unis ont sanctionné des entités russes et chinoises pour avoir facilité des achats d’armes par l’Iran.
L’épisode s’inscrit dans un conflit déclenché par des frappes américano-israéliennes ayant tué de hauts responsables iraniens. Depuis, les affrontements se sont étendus aux voies maritimes stratégiques, menaçant le transit pétrolier. L’Iran a rejeté une offre de trêve portée par le premier ministre irakien, et Téhéran comme Washington ont poursuivi leurs opérations militaires. Aucune confirmation indépendante n’a été apportée aux affirmations de M. Trump, et les prochaines auditions au Congrès américain pourraient amener les parlementaires à exiger des clarifications sur l’écart entre le discours présidentiel et les évaluations du Pentagone.
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