
Sommet de l’OCS en Kirghizie : Téhéran dénonce l’agression américaine et cherche des appuis
La réunion ministérielle de l’Organisation de coopération de Shanghai a mis en lumière le rôle de plateforme diplomatique de l’organisation pour l’Iran, sur fond d’escalade militaire avec les États-Unis.
Réunis le 24 juillet 2026 à Tcholpon-Ata, au Kirghizstan, les ministres des Affaires étrangères des États membres de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ont signé vingt-cinq accords de coopération dans les domaines de la sécurité, des transports et de l’énergie. La rencontre, qui marquait le vingt-cinquième anniversaire de l’organisation sous présidence kirghize, s’est toutefois déroulée dans un contexte de vives tensions régionales, alors que les affrontements militaires entre l’Iran et les États-Unis s’intensifiaient, menaçant la stabilité du golfe Persique et au-delà.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a utilisé cette tribune pour dénoncer les « actes d’agression » américains et israéliens contre son pays, en particulier l’attaque du 28 février qui, selon Téhéran, a coûté la vie au guide suprême iranien et à 168 élèves et enseignants d’une école de Minab. Invoquant le droit de légitime défense garanti par l’article 51 de la Charte des Nations unies, il a averti que toute source d’agression serait considérée comme une cible légitime pour les forces armées iraniennes. D’après les sources officielles iraniennes, il a aussi critiqué le « silence » et les « positions ambiguës » de la communauté internationale, estimant qu’ils « encouragent les agresseurs à répéter leurs crimes ».
Les autres membres de l’OCS ont affiché une solidarité prudente. Selon la presse iranienne, tous les participants auraient condamné le recours unilatéral à la force et les sanctions américaines, mais le communiqué final, publié par le ministère kirghize des Affaires étrangères, évite toute mention explicite des frappes contre l’Iran. Il se concentre sur le renforcement du multilatéralisme, la lutte contre le terrorisme et la création d’une banque de développement de l’OCS. La Russie, par la voix de Sergueï Lavrov, a appelé à la conclusion rapide d’accords de cessez-le-feu durables, tandis que le Pakistan, médiateur du mémorandum d’Islamabad de juin 2026, a exhorté toutes les parties à la retenue et au dialogue. La Chine, représentée par Wang Yi, a mis l’accent sur ses projets d’infrastructures régionaux, comme le chemin de fer Chine-Kirghizstan-Ouzbékistan, et sur le renforcement de la coopération sécuritaire avec Minsk et Tachkent.
Cette séquence illustre la fonction ambivalente de l’OCS pour Téhéran : une arène diplomatique où l’Iran peut rallier un soutien rhétorique contre l’unilatéralisme occidental, mais dont les membres, aux intérêts divergents, hésitent à s’engager dans une confrontation ouverte avec Washington. En marge du sommet, le ministre iranien a multiplié les entretiens bilatéraux, notamment avec ses homologues russe, chinois et pakistanais, signe d’une recherche active de médiation. La prochaine réunion des chefs d’État de l’OCS, prévue à Bichkek fin août, permettra de mesurer si cette dynamique se traduit par un soutien multilatéral plus concret à l’Iran, alors que la région reste sous la menace d’une escalade militaire incontrôlée.
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