
Tensions américano-israéliennes à l’épreuve d’un sommet Trump-Netanyahu à Washington
Le premier ministre israélien rencontre le président américain mardi, tandis que la guerre avec l’Iran s’intensifie et que les divergences sur la stratégie au Liban s’exposent.
L’annonce par le bureau du premier ministre israélien, vendredi 24 juillet, d’un déplacement à Washington pour une rencontre avec le président Donald Trump, le 28 juillet, met en lumière les fractures croissantes entre les deux alliés. Benyamin Netanyahou, qui assistera également aux obsèques du sénateur Lindsey Graham, effectue ce déplacement alors que les opérations militaires américaines contre l’Iran entrent dans leur treizième jour consécutif et que les menaces de riposte iranienne visent les intérêts occidentaux dans le Golfe. Selon des sources proches du dossier à Jérusalem, Israël chercherait à obtenir un « feu vert » de Washington pour frapper des cibles iraniennes, notamment des infrastructures énergétiques, jusqu’ici épargnées par la campagne aérienne américaine.
Les divergences stratégiques entre les deux capitales se sont accentuées depuis l’effondrement, en juin, du mémorandum d’entente américano-iranien que Donald Trump espérait utiliser comme prélude à une cessation des hostilités. D’après la presse américaine, le président républicain aurait reproché à son homologue israélien, lors d’échanges téléphoniques tendus, d’avoir compromis ces négociations en poursuivant les bombardements au Liban. Les médias israéliens, citant des responsables gouvernementaux, reconnaissent des « désaccords tactiques », tout en affirmant une convergence sur l’objectif d’empêcher Téhéran d’acquérir l’arme nucléaire. La visite intervient aussi alors que le vice-président J. D. Vance a publiquement accusé Israël de promouvoir une « guerre perpétuelle ».
Le dossier libanais constituera un autre point de friction. Le président libanais, Joseph Aoun, a achevé cette semaine une visite à Washington, réclamant un retrait israélien complet du Sud-Liban et la mise en œuvre de l’accord trilatéral signé le 26 juin sous médiation américaine. Cet accord, qui prévoit un déploiement progressif de l’armée libanaise dans des zones pilotes après le repli israélien, n’a pas empêché la poursuite d’opérations militaires de Tsahal, dénoncées par Beyrouth comme une violation de la souveraineté libanaise. Des diplomates européens, en marge des discussions, estiment que la crédibilité de Washington comme médiateur régional est mise à l’épreuve.
En parallèle, le président ukrainien Volodymyr Zelensky devrait également rencontrer Donald Trump en marge des obsèques du sénateur Graham, fervent soutien de Kiev. Selon une source ukrainienne citée par Reuters, les États-Unis et l’Ukraine discutent d’une proposition de cessez-le-feu aérien à présenter à Moscou, dans l’espoir que la pression économique liée aux frappes de drones ukrainiennes sur les infrastructures pétrolières russes infléchisse la position du Kremlin. La tenue de ces deux rencontres au sommet le même jour illustre la centralité de Washington dans la recomposition des équilibres sécuritaires, de l’Europe orientale au Moyen-Orient. Aucune annonce concrète n’est attendue à l’issue des entretiens, mais les prochaines étapes incluront de probables discussions au Congrès américain sur un paquet de sanctions contre Moscou, selon le site Axios.
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