
Thérapies de conversion : le Mexique et le Royaume-Uni renforcent l’interdiction, les États-Unis en retrait
La Cour suprême mexicaine invalide les exemptions parentales, tandis que Londres propose jusqu’à cinq ans de prison ; Washington privilégie la liberté d’expression des thérapeutes.
Le 25 juin, le gouvernement britannique a publié un projet de loi visant à interdire les pratiques de conversion ciblant les personnes LGBT+ en Angleterre et au Pays de Galles, prévoyant des peines allant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et des amendes illimitées. Au même moment, la Cour suprême du Mexique a invalidé deux dispositions qui exemptaient de responsabilité pénale les parents ou tuteurs soumettant des mineurs à ces pratiques, ainsi que les cas où un adulte y consentait. Ces décisions illustrent une dynamique internationale de criminalisation de ces actes, bien que les approches juridiques divergent sensiblement d’une région à l’autre.
Selon le gouvernement travailliste britannique, les « lacunes juridiques » actuelles laissent les personnes LGBT+ vulnérables à des abus physiques et psychologiques, allant de l’exorcisme au viol. La secrétaire d’État à l’Égalité, Olivia Bailey, a souligné que ces pratiques reposent sur la « croyance erronée » que l’orientation sexuelle ou l’identité de genre peuvent être modifiées. Au Mexique, la Cour suprême a affirmé que ni l’autorité parentale ni le consentement ne sauraient justifier des interventions visant à restreindre des aspects essentiels de l’identité, plaçant la dignité humaine au-dessus de toute autre considération. À l’inverse, la Cour suprême des États-Unis, dans l’arrêt Chiles v. Salazar rendu quelques mois plus tôt, a estimé que l’interdiction de certaines thérapies de conversion pouvait restreindre la liberté d’expression des professionnels de santé mentale, laissant aux États fédérés une large marge d’appréciation.
Ces divergences reflètent des conceptions opposées de la liberté : d’un côté, la protection de l’individu contre des pratiques jugées intrinsèquement nocives ; de l’autre, la défense du discours professionnel face à l’intervention étatique. L’Union européenne, quant à elle, a indiqué en mai qu’elle ne disposait pas de compétence pour imposer une interdiction à l’échelle continentale et se limitera à recommander aux États membres de légiférer. Au Kenya, où les violences basées sur le genre restent un problème majeur – avec en moyenne 13 femmes et filles tuées chaque semaine selon Human Rights Watch –, une clinique intégrée de prise en charge des survivantes a été ouverte dans le comté de Nandi, illustrant la nécessité de services de soutien global pour les victimes de telles pratiques, y compris les thérapies de conversion.
Le projet de loi britannique doit encore être débattu au Parlement ; il ne s’appliquera pas à l’Écosse ni à l’Irlande du Nord, qui devront décider de leur propre législation. Au Mexique, la décision de la Cour suprême a force obligatoire et devrait entraîner l’annulation des dispositions contestées. Les organisations de défense des droits, comme Galop au Royaume-Uni, ont salué ces avancées tout en appelant à une mise en œuvre rapide. Le débat reste ouvert sur l’équilibre entre protection des minorités et libertés individuelles, alors que la communauté scientifique internationale considère unanimement l’orientation sexuelle et l’identité de genre comme des composantes non pathologiques de la diversité humaine.
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Le gouvernement britannique a enfin publié un projet de loi interdisant les thérapies de conversion, des pratiques abusives qui infligent violences et traumatismes aux personnes LGBT+. Les auteurs risquent jusqu'à cinq ans de prison, un signal clair que l'orientation sexuelle n'est pas une maladie à guérir. Promise il y a huit ans, cette avancée est saluée comme une étape historique pour la protection de la communauté.
Le projet de loi britannique contre les thérapies de conversion est présenté comme une réponse nécessaire à la persistance de pratiques qui prétendent faussement modifier l'orientation sexuelle ou l'identité de genre. La législation, qui prévoit des peines de prison, est considérée comme un pas concret pour garantir la dignité et la liberté des personnes LGBT+. L'annonce coïncide avec le mois de la Fierté, liant la mesure à des décennies de lutte contre la discrimination et la violence.
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