
« The Invite » : un huis clos conjugal entre comédie mordante et catharsis intime
Adapté d’une pièce espagnole, le film d’Olivia Wilde met en scène un dîner où deux couples se confrontent à leurs désirs et à leurs failles, dans un mélange de tension et d’humour salué par la critique.
Sur le tapis rouge de Los Angeles, deux silhouettes incarnent les pôles esthétiques du cinéma contemporain. Penélope Cruz, ambassadrice de Chanel, avance dans une robe bleu ciel en haute couture, corset allongé et broderies de pierreries, tandis qu’Olivia Wilde, réalisatrice et actrice, affiche une audace architecturale signée Saint Laurent : un fourreau de taffetas noir aux manches victoriennes et à la taille géométriquement découpée. Ce face-à-face de style, rapporté par la presse moyen-orientale et latino-américaine, prélude à la sortie de The Invite, comédie de mœurs adaptée du film espagnol Sentimental (2020) de Cesc Gay, lui-même tiré de sa pièce Los vecinos de arriba.
Le film enferme deux couples dans un appartement de San Francisco le temps d’un dîner. Joe (Seth Rogen) et Angela (Olivia Wilde), mariés depuis des années, reçoivent leurs voisins du dessus, Hawk (Edward Norton) et Piña (Penélope Cruz), dont les ébats bruyants les empêchent de dormir. Ce qui commence comme une confrontation polie sur le bruit dérive rapidement vers une proposition inattendue : les voisins, adeptes de soirées sexuelles, invitent leurs hôtes à une expérience de groupe. La gêne et les maladresses qui s’ensuivent mettent à nu les frustrations et les non-dits du couple hôte. Dans des entretiens accordés à la presse anglophone et hispanophone, Penélope Cruz confie avoir été séduite par un scénario « intelligent, avec tant de couches », tandis qu’Olivia Wilde évoque une catharsis personnelle : « C’était un soulagement de m’arracher le cœur et de le poser sur la table. »
Présenté au festival de Sundance en janvier 2026, The Invite a déclenché une guerre d’enchères remportée par le distributeur A24 pour plus de 12 millions de dollars, selon les médias brésiliens. La critique nord-américaine a salué un humour corrosif et une distribution éclatante : le New York Post y voit « la comédie la plus drôle de l’année », The Guardian loue un « casting étincelant », et Variety établit un parallèle avec l’univers de Woody Allen. En Amérique latine, le film a été perçu comme un miroir des crises conjugales contemporaines, tandis que la presse européenne souligne la filiation avec le théâtre de boulevard ibérique, où le rire naît de l’inconfort.
Au-delà du marivaudage moderne, le long-métrage interroge le passage du temps et l’acceptation de soi. Penélope Cruz, à 52 ans, déclarait au quotidien argentin Clarín : « Je n’échangerais pas ce que je ressens maintenant contre ce que je ressentais à 20 ans ; j’avais des insécurités sur des choses qui se sont révélées sans importance. » Cette réplique de vie fait écho à la trajectoire des personnages, englués dans des rôles sociaux qu’ils peinent à quitter. Le huis clos, tourné en vingt et un jours dans un décor unique, restitue une tension presque théâtrale, où chaque silence et chaque éclat de rire révèlent les failles d’une intimité à la dérive. Sur le tapis rouge comme à l’écran, la dualité entre la romantique nostalgie de Cruz et la modernité tranchante de Wilde continue de raconter, en images, les contradictions d’une époque.
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La presse latino-américaine met en avant les réflexions de Penélope Cruz sur l'âge et ses anciennes insécurités, présentant le film comme une comédie mordante et chaotique autour d'un dîner entre un couple en crise et ses voisins libéraux. L'accent est mis sur le pouvoir des stars et le mélange d'humour et de catharsis intime.
La presse atlantique se concentre sur la fin transformatrice et la catharsis personnelle d'Olivia Wilde, décrivant le film comme une comédie relationnelle intelligente qui dévoile les dynamiques de deux couples radicalement différents. La couverture souligne le parcours émotionnel de la réalisatrice et l'accord de distribution avec A24.
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