
Trois euros par article : l’UE met fin à l’exemption des petits colis
Depuis le 1er juillet 2026, un droit forfaitaire de 3 euros s’applique à chaque type d’article contenu dans les envois de moins de 150 euros, bouleversant le commerce électronique transfrontalier.
L’exemption douanière dont bénéficiaient les colis de faible valeur expédiés vers l’Union européenne a pris fin le 1er juillet 2026. Désormais, chaque article d’une classification tarifaire différente contenu dans un envoi de moins de 150 euros est frappé d’un droit forfaitaire de 3 euros, auquel s’ajoute la TVA calculée sur ce montant. Un paquet renfermant trois catégories de produits distinctes verra ainsi sa taxation tripler, un mécanisme qui, selon la Commission européenne, vise à rétablir une concurrence équitable pour les détaillants du continent et à mieux protéger les consommateurs contre des articles ne respectant pas les normes de sécurité européennes. En 2025, 5,9 milliards d’articles sont entrés dans l’UE par ce canal, dont plus de 90 % en provenance de Chine.
La mesure, temporaire jusqu’au 1er juillet 2028, anticipe une réforme plus vaste du code des douanes européen. Elle s’inscrit dans un durcissement plus large de la politique commerciale de Bruxelles : le même jour, des droits de sauvegarde sur l’acier extra-européen ont été relevés à 50 % pour les volumes excédant des quotas réduits de 47 %, tandis qu’une certification de l’origine de la fusion et de la coulée devient obligatoire. La Commission justifie ce volet sidérurgique par une surcapacité mondiale estimée par l’OCDE à 620 millions de tonnes en 2025, tirée par la production chinoise qui représente la moitié de l’output mondial.
Les plateformes chinoises anticipent des répercussions sur leurs modèles d’affaires. Shein a étendu ses entrepôts en Pologne pour expédier davantage de marchandises en vrac au sein de l’UE, tandis qu’AliExpress indique que les taxes applicables seront affichées avant la confirmation des commandes. Du côté de la logistique, l’aéroport de Liège, qui traite environ 30 % des achats en ligne arrivant par voie aérienne en Europe, fait état d’une forte incertitude sans toutefois prévoir d’arrêt brutal des flux. Au Canada, Postes Canada a suspendu ses envois vers une douzaine d’États membres, le temps d’adapter ses systèmes aux nouvelles exigences déclaratives. La Suisse, non concernée par la taxe, voit affluer près de 500 000 paquets quotidiens, majoritairement chinois, et s’interroge sur le risque de devenir une plaque tournante du contournement, prise en étau entre Bruxelles et Pékin.
La veille de l’entrée en vigueur, le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic a rencontré le ministre chinois Wang Wentao pour souligner le caractère insoutenable du déséquilibre commercial bilatéral, alimenté selon Bruxelles par des aides publiques massives. Le prélèvement forfaitaire actuel doit céder la place, d’ici à 2028, à un système permanent fondé sur la valeur réelle des marchandises, dans le cadre du futur centre de données douanier européen. D’ici là, les opérateurs extra-européens devront intégrer ce nouveau coût dans leurs stratégies de prix, sous le regard attentif des associations de consommateurs qui appellent à la vigilance lors de la livraison.
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L'Union européenne instaure une taxe forfaitaire de trois euros par classification douanière sur les colis extracommunautaires de moins de 150 euros, afin de rétablir des conditions de concurrence équitables pour les commerçants européens et de mieux protéger les consommateurs. La mesure vise surtout les plateformes chinoises à bas prix, mais les opérateurs logistiques, comme ceux de l'aéroport de Liège, restent dans l'incertitude quant à l'impact opérationnel et au risque d'engorgement des douanes.
L'Union européenne impose une taxe de trois euros sur les colis de faible valeur en provenance de Chine, portant un nouveau coup aux plateformes de commerce électronique qui utilisaient les exemptions douanières pour vendre à des prix ultra-bas. Cette décision fait suite à la fin de l'exemption de minimis aux États-Unis et s'ajoute aux plaintes des détaillants et des décideurs politiques, alors que les plateformes chinoises voient leur principal avantage concurrentiel s'éroder.
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