
Richesse mondiale : les milliardaires tirent la croissance, les inégalités se creusent
Le rapport UBS 2026 montre un recul historique de la pauvreté absolue, mais la richesse médiane stagne, tirée vers le haut par une élite toujours plus fortunée.
Le rapport sur la richesse mondiale 2026 de la banque suisse UBS révèle une transformation structurelle : la part des adultes disposant d’un patrimoine inférieur à 10 000 dollars est passée de 75 % en 2000 à 41 % en 2025. Ce recul de la pauvreté absolue s’accompagne toutefois d’un décrochage entre richesse moyenne et médiane. Dans la plupart des pays, le patrimoine médian stagne ou recule, tandis que la moyenne est tirée vers le haut par les grandes fortunes, note la presse italienne en citant des économistes de l’université Bocconi.
La Russie illustre ce double mouvement. Avec une hausse de 37 % du patrimoine moyen par adulte entre 2020 et 2025, elle se classe au deuxième rang mondial derrière la Corée du Sud (+55 %). Mais UBS prévient qu’une telle progression peut être le fait d’un petit groupe d’individus très riches. De fait, les données de l’indice Bloomberg Billionaires montrent que les avoirs de plusieurs milliardaires russes ont fortement augmenté depuis janvier 2026, tandis que d’autres, comme Mikhaïl Prokhorov ou Pavel Dourov, ont subi des pertes considérables. Au total, le patrimoine combiné des vingt Russes figurant au classement a diminué de près de 2 milliards de dollars sur la période, selon les calculs de l’agence RIA Novosti.
À l’échelle mondiale, le nombre de milliardaires a atteint un record de 3 302 en avril 2026, en hausse de 13 % sur un an, et leur fortune cumulée a bondi de 25 %. Les États-Unis en concentrent plus de 1 000, suivis par la Chine continentale (562), l’Inde (211), l’Allemagne (193) et la Russie (122). Les milliardaires de la tech restent les plus volatils : Elon Musk a perdu son statut de « trillionaire » après une chute de l’action SpaceX, tandis que Mark Zuckerberg a engrangé 19 milliards en une journée grâce à l’essor de Meta. En Australie, le patrimoine médian se classe au troisième rang mondial, mais la Bourse de Sydney n’a progressé que de 2,8 % sur l’exercice 2026, très loin des indices américains ou coréens, souligne la presse économique australienne.
La prochaine étape à surveiller sera la concrétisation des prévisions de Knight Frank, qui table sur 3 915 milliardaires d’ici 2031, soit 25 % de plus, portés par l’intelligence artificielle et les économies émergentes. Dans l’immédiat, le contraste entre cette concentration de richesse et les coupes budgétaires humanitaires s’accentue : les pays du G7 réduiront leur aide de 28 % en 2026 par rapport à 2024, alors que la fortune des milliardaires représente désormais 14,6 % du PIB mondial, selon Oxfam.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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Les médias d'État russes rapportent que la Russie est le deuxième pays au monde pour la croissance de la richesse, citant le rapport UBS. Ils présentent ce chiffre comme un succès national, sans approfondir les inégalités internes.
Des médias russes indépendants démontent le récit triomphaliste, montrant que la croissance est tirée exclusivement par les super-riches. Ils soulignent que les milliardaires ont gagné des milliards tandis que la population ordinaire n'en a pas profité.
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