
Régulation bancaire suisse : UBS conteste la BNS, Julius Baer normalise ses activités
Alors que la Banque nationale suisse juge UBS déjà conforme aux futures exigences de capital, la banque dénonce une analyse « trompeuse », tandis que Julius Baer s’apprête à lever l’interdiction d’accepter des clients politiquement exposés.
La publication du rapport annuel sur la stabilité financière par la Banque nationale suisse (BNS), le 29 mai, a immédiatement ravivé les tensions avec UBS. L’institut d’émission y affirme que la grande banque dispose déjà des fonds propres nécessaires pour satisfaire aux futures règles de capitalisation intégrale de ses filiales étrangères, pièce maîtresse du projet de « Lex UBS » défendu par le gouvernement. UBS a qualifié cette analyse de « trompeuse », estimant au contraire qu’elle devrait mobiliser quelque 20 milliards de dollars de capital CET1 supplémentaire, ce qui pénaliserait lourdement son modèle d’affaires.
Le différend porte sur l’interprétation des réserves existantes. Selon la BNS, UBS disposait fin 2025 de 9 milliards de dollars de réserves dans son entité suisse et d’un excédent de 13 milliards par rapport aux exigences pleinement appliquées de Bâle III, ce qui lui permettrait d’absorber la nouvelle contrainte sans levée de fonds additionnelle. La banque rétorque que cette lecture ignore l’impact opérationnel des réformes et qu’elle créerait un désavantage compétitif significatif, tant sur le marché intérieur qu’international. Le Fonds monétaire international et l’autorité de surveillance Finma appuient la position de la BNS, tandis que le débat parlementaire en cours laisse entrevoir un possible assouplissement du projet gouvernemental.
En parallèle, Julius Baer s’achemine vers une normalisation de ses activités après plus de deux ans de turbulences liées aux pertes de 700 millions de dollars consenties à l’empire immobilier du magnat autrichien Rene Benko. La banque zurichoise s’apprête à lever l’interdiction d’accepter des personnes politiquement exposées (PEP), une catégorie de clientèle à risque que la direction avait proscrite dans le cadre d’une vaste revue de conformité. L’enquête de la Finma sur les défaillances de contrôle interne touche à sa fin, et un classement formel, attendu au second semestre, ouvrirait la voie à une reprise des rachats d’actions. L’annonce a été saluée par le marché : le titre a clôturé en hausse de 2,86 % à la Bourse de Zurich.
Ces deux dossiers illustrent la phase de recalibrage réglementaire que traverse la place financière helvétique depuis le sauvetage de Credit Suisse en 2023. La commission parlementaire compétente doit se réunir en août pour examiner un éventuel allègement des exigences imposées à UBS, tandis que Julius Baer attend la décision finale de la Finma. L’issue de ces processus déterminera la capacité des établissements suisses à conjuguer résilience prudentielle et compétitivité internationale.
| Presse latino-américaine | +0.10 | neutral |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.20 | neutral |
Swiss banks handle their disputes pragmatically; the market watches without drama.
A technical-financial register normalizes the scandal as an adjustment phase, reducing tension to balance-sheet variables.
No mention of the geopolitical context of sanctions or international pressure on the Swiss financial center.
Les banques suisses doivent encore prouver qu'elles ont surmonté les fragilités structurelles ; la réglementation reste un obstacle crédible.
Une hiérarchie des risques est construite : le scandale passé n'est qu'un symptôme de problèmes de gouvernance plus profonds, tandis que le différend sur le capital est présenté comme un test de crédibilité pour l'ensemble du système bancaire suisse.
Aucune place n'est accordée aux déclarations optimistes des dirigeants bancaires ni aux données positives à court terme, comme l'augmentation des bénéfices de Julius Baer.
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