
Sinner à Wimbledon : après le coup de chaleur de Roland-Garros, une préparation minutieuse pour défendre son titre
Le numéro un mondial a modifié son entraînement pour mieux résister à la chaleur, alors que le débat sur le bien-être des joueurs s’intensifie avant le tournoi londonien.
L’image avait fait le tour du monde : Jannik Sinner, apathique, le visage marqué par la souffrance, s’effondrant physiquement au deuxième tour de Roland-Garros face à Juan Manuel Cerúndolo, après avoir mené deux sets à zéro. Ce n’était pas la première fois que la chaleur extrême mettait en difficulté le champion italien. À Wimbledon, où il remet son titre en jeu dès lundi sur le Centre Court face au Serbe Miomir Kecmanović, le numéro un mondial a donc choisi de ne rien laisser au hasard. « Nous avons modifié le travail physique, avec des séances beaucoup plus longues, en salle comme sur le terrain, sans pause, pour éprouver davantage de sensations », a-t-il confié lors de sa conférence de presse d’avant-tournoi, citée par la presse italienne.
La préparation a été pensée comme un processus progressif, loin des bouleversements spectaculaires. Les médias italiens insistent sur la philosophie du « petit détail » chère à Sinner et à son équipe, qui ont allongé les sessions d’entraînement pour habituer l’organisme à l’effort sous le soleil. L’intéressé refuse de livrer la recette exacte, mais assure que tous les examens médicaux réalisés à Milan après Paris se sont révélés « très bons ». La presse allemande et israélienne souligne que le joueur de 24 ans a également choisi de faire l’impasse sur les tournois de préparation sur gazon, une première dans sa carrière, afin d’arriver à Londres sans les doutes qu’aurait pu générer une contre-performance. « Si vous ne jouez aucun tournoi, vous n’avez pas ces doutes, vous venez et vous jouez », a-t-il expliqué, rappelant qu’en 2025, une élimination précoce à Halle ne l’avait pas empêché de soulever le trophée.
Au-delà du cas individuel, la question de la chaleur s’impose comme un enjeu structurel du tennis mondial. La presse britannique rappelle que Wimbledon a déclenché sa règle « chaleur » lors des qualifications, avec des pauses de dix minutes autorisées quand l’indice de stress thermique dépasse 30,1 °C. Mais à Paris, ce seuil n’avait pas été atteint lors de la défaillance de Sinner, relançant le débat sur l’adéquation des protocoles. Les médias brésiliens et indonésiens notent que le Britannique a lui-même reconnu que « chaque année, il fait de plus en plus chaud », tout en se disant satisfait du travail accompli ces deux dernières semaines et demie. Parallèlement, une grogne couve parmi les joueurs concernant la redistribution des revenus des tournois du Grand Chelem, certains menaçant de limiter leurs apparitions médiatiques à quinze minutes – une protestation symbolique que Sinner a poliment esquivée, préférant ramener l’attention sur le tennis.
L’absence sur blessure de Carlos Alcaraz, son principal rival, et l’avancée en âge de Novak Djokovic, placé dans la même partie de tableau, font de l’Italien le favori de cette édition. Mais le premier tour face à Kecmanović, programmé à 13 h 30 heure locale, sera un test immédiat de sa capacité à enchaîner les efforts sous une chaleur que les prévisions annoncent moins écrasante que la semaine précédente, sans toutefois descendre sous les 26 °C. « Les premiers tours sont toujours très difficiles, surtout mentalement », a reconnu Sinner, qui aborde ce Wimbledon avec un bilan de vingt victoires pour quatre défaites sur le gazon londonien.
L’enjeu dépasse la simple défense d’un titre. Pour le tennis italien, qui n’avait jamais connu un tel rayonnement, une confirmation à Wimbledon consoliderait une hégémonie naissante. Pour le circuit, la capacité de son numéro un à dompter les éléments conditionnera en partie les discussions à venir sur l’adaptation du calendrier et des règles face au réchauffement climatique. La première réponse tombera lundi, sur le Centre Court, là où Sinner avait conquis son quatrième titre du Grand Chelem.
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Jannik Sinner a modifié sa préparation avec des séances plus longues et sans pause pour s’adapter à la chaleur de Wimbledon. Après son malaise à Roland-Garros, le numéro un mondial se dit prêt et confiant, misant sur de petits détails pour défendre son titre.
La chaleur extrême à Wimbledon pourrait entraîner la suspension du jeu en vertu de la règle sur la chaleur. Les difficultés passées de Sinner sous haute température, y compris son effondrement à Roland-Garros, soulèvent des questions sur la sécurité des joueurs.
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