
Service militaire, stages ou université : à 18 ans, les jeunesses du monde face à leur devoir
De Mexico à Dacca, en passant par Jakarta et São Paulo, une nouvelle génération franchit cet été le seuil de l’âge adulte entre obligations civiques et choix d’avenir.
Il est près de minuit à São Paulo. Ce 25 juin 2026, une ultime connexion au site de la Vunesp permet à quelques retardataires de valider leur candidature pour les vingt places offertes par l’Université d’État de São Paulo via le concours de milieu d’année. Seize d’entre elles ouvrent les portes des écoles d’ingénieurs d’Ilha Solteira, tandis que quatre autres inaugurent un cours inédit au Brésil : langue et culture chinoises, à Assis. Loin d’être anecdotique, cette scène – un clic fébrile avant l’échéance – reflète une réalité commune à des millions de jeunes à travers le monde, confrontés cet été-là à des choix structurants pour leur avenir.
Au même moment, à Mexico, les garçons nés en 2008 se présentent dans les bureaux de la défense nationale pour retirer leur cartilla militar. Le service militaire obligatoire, ramené à treize sessions de formation citoyenne étalées sur deux périodes de l’année, reste un rite de passage. L’attestation qui en découle conditionne l’accès à de nombreux emplois publics ou aux carrières de sécurité, même si, comme le rappellent les autorités, elle ne bloque pas la poursuite d’études. La comparaison avec l’Indonésie est éloquente : à Jakarta, le même État central mise, lui, sur un programme de stages en entreprise – 150 000 places ouvertes aux jeunes diplômés en 2026 –, mobilisant plus de 5 000 partenaires privés et près de 900 entités publiques, dans une logique d’insertion professionnelle accélérée.
En Asie du Sud, les récits divergent encore. Au Bangladesh, l’Université nationale a ouvert le 25 juin les inscriptions pour quatre licences professionnalisantes sur son campus principal : droit, gestion, tourisme et nutrition. La sélection, mêlant examen et notes du secondaire, est drastique ; les frais, bien que modiques pour les standards internationaux, excluent de fait les plus démunis. Les étudiants étrangers, détenteurs de diplômes O et A level, sont admis, rappelant l’héritage britannique. L’Iran voisin, lui, vit sous tension : l’examen de passage du diplôme technique au diplôme universitaire a été reporté de deux semaines en raison de « conditions de guerre » et des perturbations du concours national. L’Université Payam Noor, habituée des inscriptions estivales massives, propose des cours en ligne pour la session d’été, mais maintient des examens en présentiel – une précaution dans un pays où le contrôle reste de mise.
Derrière ces trajectoires morcelées se dessine une cartographie des attentes sociales. En Amérique latine, où les quotas pour élèves issus du public réservent la moitié des postes à l’université brésilienne, la discrimination positive tente de corriger des inégalités historiques, pendant que le service militaire mexicain, hérité des révolutions, entretient un lien direct entre citoyenneté et contribution à la nation. La création d’une filière de chinois à Assis, en plein cœur du São Paulo agricole, suggère quant à elle un réalignement des influences : la Chine, créancier et investisseur majeur, dicte aussi sa langue et sa culture.
L’image qui demeure est celle d’un jeune Bangladais, assis devant son écran, soumettant un dossier depuis un cybercafé de Dacca, sachant que son destin dépendra de trente-cinq points sur cent à un questionnaire à choix multiples. À des milliers de kilomètres, son homologue iranien, lui, temporise, attendant la réouverture des serveurs dans un pays où l’avenir se conjugue au conditionnel. Ce sont ces choix minuscules, agrégés en statistiques, qui racontent l’été 2026.
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Pour des milliers de jeunes Mexicains, le premier pas vers l'âge adulte passe par le service militaire obligatoire. Les autorités ont ouvert les inscriptions pour la classe 2008, appelant même les retardataires jusqu'à 39 ans, mêlant devoir civique et opportunité de réinsertion sociale.
Malgré les retards dus aux conditions de guerre, les universités iraniennes avancent avec les inscriptions d'été et les examens de passage. Les jeunes tentent de se tailler un avenir académique alors que le calendrier universitaire s'adapte à un contexte d'urgence nationale.
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