
Sabotage de Nord Stream : la justice allemande accuse les autorités ukrainiennes
Le parquet fédéral allemand a inculpé un ressortissant ukrainien, affirmant que l’opération contre les gazoducs a été ordonnée par Kiev, une première judiciaire aux lourdes implications géopolitiques.
La procureure fédérale allemande a formellement accusé, le 30 juin 2026, les autorités ukrainiennes d’avoir commandité le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2, survenu en septembre 2022. Un ressortissant ukrainien, Serhii K., ancien membre des forces spéciales, a été inculpé de complicité de crime de guerre pour attaque contre des biens civils, de provocation d’explosion et de destruction d’infrastructures. Arrêté en Italie en août 2025 puis extradé vers l’Allemagne, il est présenté comme le coordinateur d’une équipe de plongeurs et d’artificiers ayant acheminé des explosifs à bord du voilier Andromeda jusqu’aux conduites sous-marines, près de l’île danoise de Bornholm.
Selon l’acte d’accusation, le suspect et d’autres militaires ont agi « à la demande des autorités ukrainiennes » dans le but d’interrompre durablement les livraisons de gaz russe vers l’Europe et de priver Moscou de revenus finançant son effort de guerre. Cette qualification marque une rupture avec les hypothèses antérieures, qui évoquaient un commando autonome sans lien direct avec l’État ukrainien. La défense de Serhii K. conteste les charges, invoquant son statut de militaire au moment des faits et une immunité fonctionnelle en droit international. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré ne pas disposer d’informations officielles, tandis que Kiev réaffirme n’avoir joué aucun rôle dans l’opération.
Du côté russe, les médias d’État et des correspondants de guerre ont rapidement exploité l’annonce, y voyant la confirmation d’une opération imputable à Kiev, alors que Moscou avait initialement accusé les États-Unis et leurs alliés. Les capitales européennes, en particulier Berlin, se trouvent dans une position délicate : principal soutien militaire et financier de l’Ukraine, l’Allemagne doit désormais gérer une procédure pénale qui met en cause les autorités d’un État partenaire. La justice allemande insiste toutefois sur la distinction entre la poursuite judiciaire, fondée sur l’atteinte à une infrastructure énergétique civile touchant directement la sécurité nationale allemande, et le soutien politique à l’Ukraine.
Les explosions du 26 septembre 2022 avaient endommagé trois des quatre conduites, alors que Nord Stream 1 assurait encore la moitié des besoins annuels en gaz naturel de l’Allemagne avant l’invasion russe. L’affaire avait accentué la crise énergétique européenne et accéléré la diversification des approvisionnements. La section pour la sécurité de l’État du tribunal régional supérieur hanséatique de Hambourg doit désormais décider de l’admission de l’acte d’accusation et de la fixation d’un procès. Le suspect reste en détention provisoire, et les débats juridiques sur l’immunité des personnels militaires pourraient peser sur la suite de la procédure.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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Les sources russes affirment depuis longtemps que l'Ukraine est derrière le sabotage de Nord Stream. La mise en examen par l'Allemagne d'un ressortissant ukrainien confirme enfin cette version, donnant raison à Moscou. Les noms des auteurs présumés sont cités, dont un ancien officier des services ukrainiens et un moniteur de plongée.
Le parquet allemand accuse formellement les autorités ukrainiennes d'avoir ordonné la destruction des gazoducs Nord Stream. L'acte d'accusation vise un homme qui aurait dirigé une équipe de plongeurs. Cette affaire ajoute une tension supplémentaire aux relations déjà délicates entre Kiev et ses alliés occidentaux.
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