
Passeports : Singapour en tête, le fossé mondial de la mobilité se creuse
Le classement Henley 2026 confirme la domination asiatique et l’ascension des Émirats, tandis que l’écart avec les pays les moins mobiles atteint un niveau record.
La vingtième édition du Henley Passport Index, publiée le 21 juillet, place de nouveau Singapour au sommet des passeports les plus puissants, avec un accès sans visa ou avec visa à l’arrivée vers 192 destinations. Les Émirats arabes unis enregistrent la progression la plus spectaculaire, gagnant trois places pour partager le deuxième rang avec le Japon et la Corée du Sud (188 destinations). À l’autre extrémité, l’Afghanistan ferme le classement avec seulement 22 destinations accessibles, portant l’écart de mobilité entre le premier et le dernier à 170 pays – un record qui, selon les données compilées par l’Association du transport aérien international (IATA), illustre un creusement continu des inégalités de circulation depuis 2006.
Les pays asiatiques confirment leur emprise sur le haut du tableau, une dynamique que les analystes de Henley & Partners attribuent à la combinaison d’une diplomatie économique active et d’une stabilité perçue. La Suède (187 destinations) et un bloc de onze nations européennes – dont la France, l’Allemagne et l’Italie – occupent les troisième et quatrième places, tandis que le Royaume-Uni et le Canada se maintiennent dans le top 10. Le cas des Émirats, passés en deux décennies d’une position médiane à la deuxième marche du podium grâce à 153 destinations ajoutées, est présenté par le cabinet londonien comme le résultat d’une stratégie délibérée de diversification des partenariats commerciaux et sécuritaires. L’indice révèle toutefois un décalage persistant entre puissance du passeport et niveau de paix intérieure : Israël, classé 18e pour la mobilité mais 159e à l’Indice mondial de la paix, ou encore les États-Unis et la Russie, illustrent, selon les experts de l’Institute for Economics and Peace, le poids des rapports de force géopolitiques et des alliances stratégiques dans la négociation des exemptions de visa.
Pour les pays d’Afrique et d’Asie du Sud, la photographie reste contrastée. Le passeport algérien, 81e, permet de voyager sans formalités préalables vers 55 pays, à égalité avec la Mauritanie, tandis que le Maroc (67e, 71 pays) et la Tunisie (71e, 66 pays) devancent leurs voisins maghrébins. L’Inde, qui occupait le 71e rang en 2006, recule au 81e rang avec 55 destinations, une érosion que les observateurs sud-asiatiques lient à la difficulté de convertir la croissance économique en leviers diplomatiques bilatéraux. Le Nigéria, avec 44 destinations accessibles principalement en Afrique de l’Ouest et dans les Caraïbes, et l’Indonésie, dont les ressortissants ne bénéficient que de 42 exemptions de visa, illustrent la persistance d’une mobilité restreinte pour les grandes puissances démographiques du Sud global.
L’édition anniversaire de l’indice souligne une transformation structurelle : le nombre moyen de destinations accessibles sans visa est passé de 58 en 2006 à 108 en 2026, mais cette progression a surtout profité aux détenteurs de passeports déjà privilégiés. Le président de Henley & Partners, Christian H. Kaelin, y voit l’expression d’un « capital géopolitique » où la liberté de circulation reflète la valeur que les autres États accordent à une relation bilatérale. La prochaine mise à jour de l’indice, attendue début 2027, permettra de mesurer si les initiatives diplomatiques en cours, notamment en Afrique et en Asie du Sud-Est, parviennent à réduire un fossé que vingt ans de données décrivent comme structurel.
| Presse israélienne | +0.70 | aligned |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | −0.40 | critical |
| Presse d'Asie du Sud-Est | 0.00 | neutral |
Israel's passport climbs the global ranking, showing that mobility is not measured only by peace. Acknowledging tensions, it claims a concrete success.
Two rankings – Henley and Global Peace – are juxtaposed to argue that passport strength bypasses perceived security, defusing a potential counterargument.
It does not mention that the number of visa-free destinations does not reflect the actual ease of travel for Israelis in many countries due to strained political relations.
India's passport loses ground: the 20-year historical data shows a structural deterioration of mobility. The narrative focuses on the decline and its diplomatic implications.
A 2006–2026 timeline is built to naturalize the decline as an objective trend, without explicit blame but with implicit criticism.
It does not consider that the drop might be offset by improved bilateral relations elsewhere or by new visa-waiver agreements not yet reflected in the index.
Singapore celebrates its top spot, Indonesia records its loss of positions: each country reads the ranking through its own national interest.
Internal fragmentation is used as a resource: each outlet selects data that exalts or penalizes its own country, creating two opposing but coexisting narratives.
A regional perspective comparing the different trends and explaining common causes of divergence (e.g., visa policies, diplomatic relations) is missing.
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