
Naomi Osaka, le kimono et le penalty : Wimbledon à l'épreuve des traditions
La victoire de la Japonaise au deuxième tour s'accompagne d'un défilé de mode et d'un choc avec la ferveur du Mondial de football, révélant les tensions entre héritage et modernité.
Mercredi 1er juillet, Naomi Osaka a balayé la Russe Anastasia Gasanova (6-3, 6-2) pour se hisser au troisième tour de Wimbledon. Mais au-delà de la performance sportive, c'est sa tenue qui a capté l'attention : après un premier tour en kimono de mariée traditionnel japonais signé Hana Yagi, la joueuse a opté cette fois pour une robe plus sobre, rehaussée d'un foulard ornemental et d'une longue traîne. Un choix vestimentaire qui, selon les médias asiatiques, transforme le court en un véritable podium de mode, tout en rendant hommage à ses racines.
Le règlement de Wimbledon impose depuis 1880 un blanc quasi intégral, ne tolérant qu'un liseré coloré d'un centimètre. La presse brésilienne rappelle que cette règle, née pour masquer les taches de transpiration jugées inconvenantes, a déjà tenu à l'écart un Andre Agassi réfractaire aux couleurs entre 1988 et 1990, et valu un rappel à l'ordre à Roger Federer pour des semelles orange en 2013. Si une timide flexibilité a été accordée en 2022 aux joueuses pour des shorts sombres durant leurs règles, l'audace d'Osaka, largement commentée au Japon et au Bangladesh, est perçue comme une réinterprétation culturelle du code, bien au-delà des marges autorisées.
Pourtant, la mode n'est pas la seule tradition bousculée. Comme le soulignent les observateurs italiens, le tournoi doit cette année composer avec la Coupe du monde de football, dont 17 matchs coïncident avec la quinzaine londonienne. La direction a confirmé qu'aucun écran géant ne diffusera les rencontres, pas même dans le salon des joueurs, et que le Royal Box décourage fermement l'usage des téléphones. Un épisode de 2024 reste dans les mémoires : lors d'un troisième tour entre Novak Djokovic et Alexei Popyrin, une clameur soudaine avait interrompu le jeu – les spectateurs suivaient sur leurs appareils la séance de tirs au but de l'Angleterre contre la Suisse. Djokovic avait alors mimé un tir de penalty, déclenchant l'hilarité. Ce mercredi, alors que l'Angleterre affrontait la RD Congo en huitièmes, le même Serbe, opposé à Stefanos Tsitsipas, pouvait craindre une nouvelle irruption du football dans la cathédrale du tennis.
En tribunes aussi, la norme s'effrite. La presse britannique note que les célébrités délaissent le blanc pour des pastels et des pois, du jaune beurre d'AJ Odudu au rose bonbon de Mary Berry, illustrant un glissement du « quiet luxury » vers un « dopamine dressing » plus exubérant. Wimbledon, figé dans ses rituels, voit ainsi converger mode, football et quête d'identité. Osaka, qui voulait éviter de faire prendre l'avion à sa fille le jour de ses trois ans, affrontera au prochain tour l'Australienne Daria Kasatkina ou l'Indonésienne Janice Tjen, avec l'espoir de prolonger un séjour déjà riche en symboles.
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La tenue inspirée du kimono de Naomi Osaka à Wimbledon est célébrée comme une déclaration de mode audacieuse qui redéfinit l'élégance du tennis. Sa victoire écrasante sur le court complète son style, montrant que la tradition peut évoluer sans perdre son essence.
Le blanc sacré de Wimbledon s'estompe à mesure que les invités de marque adoptent une mode dictée par les tendances, marquant une rupture avec le code vestimentaire strict du tournoi. Ce changement reflète une évolution culturelle plus large où la tradition cède la place à l'expression individuelle.
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