
Trump accuse Pékin de vouloir contrôler le canal de Panama et promet de s'y opposer
Le président américain a réitéré sa volonté de reprendre le contrôle de la voie d'eau stratégique, accusant la Chine de chercher à l'absorber, tandis que Panama dénonce une ingérence.
Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré le 1er juillet 2026 depuis Medora, dans le Dakota du Nord, que Washington ne permettrait pas à la Chine de prendre le contrôle du canal de Panama. Il a qualifié la rétrocession de cette voie d'eau stratégique au Panama en 1999 d'« erreur stupide », affirmant que les autorités panaméennes avaient immédiatement multiplié par quatre les droits de passage, puis les avaient encore augmentés, sans perdre aucun navire. « Aujourd'hui, la Chine essaie de s'emparer du canal de Panama, et nous n'allons pas laisser cela arriver », a-t-il martelé, reprenant une rhétorique déjà exprimée avant son retour à la Maison Blanche.
Du point de vue de l'administration américaine, le canal revêt une importance cruciale pour les chaînes d'approvisionnement et la projection navale des États-Unis. Selon les données du Council on Foreign Relations, environ 40 % du trafic conteneurisé américain transite chaque année par cette voie, qui raccourcit considérablement les distances maritimes entre les océans Atlantique et Pacifique. M. Trump avait déjà menacé, avant son investiture, de recourir à la force économique ou militaire pour reprendre le contrôle du canal, et il a réitéré que la décision de le céder, prise en vertu des traités Torrijos-Carter de 1977, avait été une faute historique. Il accuse Pékin de chercher à étendre son influence sur l'infrastructure, sans toutefois fournir de preuves publiques d'une prise de contrôle imminente.
Face à ces accusations, les autorités panaméennes ont réagi en déposant une plainte auprès des Nations unies, invoquant la charte de l'organisation qui interdit la menace ou l'usage de la force contre l'intégrité territoriale d'un État. Parallèlement, la Cour suprême du Panama a déclaré inconstitutionnelle une loi de 1997 qui accordait une concession à la Panama Ports Company, filiale locale du groupe hongkongais Hutchinson, pour l'exploitation des terminaux de Balboa et de Cristóbal. Le gouvernement panaméen a temporairement repris la gestion de ces ports. Du côté chinois, le Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao du Conseil des affaires d'État a qualifié cette décision judiciaire de « déraisonnable » et de violation des droits de CK Hutchinson Holdings, qui a engagé des poursuites contre le Panama. Sans nommer directement Washington, Pékin a accusé le Panama de céder à l'« hégémonie » et aux « pressions et intimidations », mettant en garde contre d'éventuelles conséquences politiques et économiques.
Le canal de Panama, long de 82 kilomètres, voit passer chaque année plus de 13 000 navires transportant environ 5 à 6 % du commerce maritime mondial. Au-delà des États-Unis, ses principaux utilisateurs sont le Chili, la Chine, le Japon et la Corée du Sud. La controverse actuelle s'inscrit dans un contexte de rivalité croissante entre Washington et Pékin en Amérique latine, où les investissements chinois dans les infrastructures portuaires et logistiques sont perçus par les États-Unis comme une menace pour leur influence régionale. Le dossier reste ouvert : la société Hutchinson a intenté un recours juridique, tandis que les déclarations de M. Trump n'ont pour l'instant pas été suivies de mesures concrètes. La tension diplomatique demeure vive, et aucun calendrier de résolution n'est annoncé.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
2 groupes éditoriaux · 6 langues
La presse iranienne présente les accusations de Trump comme de la vantardise, soulignant que le président américain se targue d'avoir bien géré l'Iran et le Venezuela tout en lançant des accusations infondées contre la Chine à propos du canal de Panama. Ce n'est qu'une énième manœuvre rhétorique d'une administration habituée à jouer les gendarmes du monde.
Les médias latino-américains relaient la promesse de Trump d'empêcher le contrôle chinois du canal, mais ils rappellent le coût humain et économique de sa construction et les critiques des tarifs après la rétrocession au Panama en 1999. L'affaire s'inscrit dans une longue histoire de tensions entre la souveraineté panaméenne et les intérêts stratégiques américains.
Élargis ton regard
Washington refuse de prolonger le T-MEC, l’accord commercial nord-américain placé sous revue annuelle
8 langues · 29 sources
Depuis TechnologyWhatsApp lance les noms d’utilisateur : l’Inde met en garde contre les risques de fraude
3 langues · 8 sources
Depuis Science & HealthEbola : l'Afrique redoute une facture socio-économique de 3,6 milliards de dollars
6 langues · 9 sources