
Moscou qualifie le concubinage de « menace directe » pour la sécurité nationale
Le vice-ministre russe de la Justice a déclaré que la cohabitation hors mariage et les divorces menacent la « santé démographique » du pays, s’inscrivant dans une campagne de défense des valeurs traditionnelles.
Lors du Forum juridique international de Saint-Pétersbourg, le vice-ministre de la Justice de la Fédération de Russie, Vadim Balanine, a qualifié le concubinage sans enregistrement de « menace directe pour la sécurité nationale et la santé démographique » du pays. Il a également désigné le nombre élevé de divorces comme une tendance préoccupante. Cette déclaration, reprise par l’ensemble des médias russes, s’inscrit dans un discours officiel qui lie étroitement démographie et sécurité de l’État.
Selon le ministère de la Justice, il est nécessaire de soutenir le renforcement des relations familiales et de prendre des mesures pour contrer la « destruction des idéologies traditionnelles ». À la Douma d’État, la première vice-présidente du comité de protection de la famille, Tatiana Boutskaïa, attribue la progression du concubinage chez les jeunes à une perte des valeurs familiales et prône un travail éducatif de long terme. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, reconnaît que la démographie reste un « sujet douloureux » pour la Russie. Parallèlement, la présidente du Conseil de la Fédération, Valentina Matvienko, a proposé de supprimer la taxe de 350 roubles sur l’enregistrement du mariage, jugée dissuasive sur le plan émotionnel, et d’augmenter celle du divorce.
Cette rhétorique s’intègre dans une campagne plus large de promotion des « valeurs traditionnelles » menée par les autorités russes. D’après les médias indépendants russes, celle-ci s’est traduite par l’interdiction du « mouvement international LGBT » qualifié d’extrémiste, des restrictions croissantes à l’avortement dans une trentaine de régions, et le refus d’adopter une loi contre les violences domestiques, de crainte de dissuader les hommes de se marier. Sur le plan démographique, la Russie connaît un déclin accentué depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022 ; le taux de fécondité rural a atteint en 2025 son plus bas niveau depuis 1990.
Pour les observateurs européens, cette instrumentalisation de la politique familiale au service de la sécurité nationale reflète une tendance autoritaire où le Service fédéral de sécurité (FSB) étend ses compétences. Le ministère de la Justice poursuit un suivi des modifications du Code de la famille, sans qu’un projet de loi spécifique sur le concubinage n’ait encore été annoncé. Le dossier reste au stade des discussions publiques, mais les déclarations au forum de Saint-Pétersbourg laissent présager de futures mesures incitatives ou restrictives visant à institutionnaliser le mariage.
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Le ministère russe de la Justice qualifie la cohabitation sans mariage de menace directe pour la sécurité nationale et la santé démographique. Des responsables appellent à des mesures urgentes pour renforcer les valeurs familiales traditionnelles et contrer le révisionnisme idéologique occidental qui sape les fondements de l'État.
Un vice-ministre russe qualifie la cohabitation hors mariage de menace pour la sécurité nationale, faisant écho à la campagne du Kremlin en faveur des valeurs traditionnelles. La déclaration est accueillie avec scepticisme, perçue comme une nouvelle étape dans un durcissement moralisateur de la vie privée.
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