
Saturation des aéroports européens : le secteur aérien demande la suspension des contrôles biométriques EES
Face à des files d’attente pouvant atteindre cinq heures et des avions qui décollent à moitié vides, les gestionnaires d’aéroports et les compagnies pressent Bruxelles d’autoriser une pause estivale du nouveau système numérique de contrôle aux frontières.
Les principales associations européennes du transport aérien – ACI Europe pour les aéroports, Airlines for Europe et Iata pour les compagnies – ont adressé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour demander la suspension temporaire du système d’entrée/sortie (EES) durant les mois de juillet et d’août. Selon ce courrier, dont le Financial Times a révélé la teneur, les nouveaux contrôles biométriques obligatoires pour les ressortissants de pays tiers provoquent des files d’attente allant jusqu’à cinq heures, contraignant certains passagers à patienter à l’extérieur des terminaux et entraînant le départ de vols partiellement vides, les voyageurs n’ayant pu rejoindre les portes d’embarquement à temps.
Du côté des institutions européennes, la Commission a reconnu, dès une réunion avec ACI Europe le 14 avril dernier, l’existence de difficultés techniques liées au déploiement de l’EES, tout en affirmant que des correctifs étaient en cours. Elle n’a toutefois pas donné suite, à ce stade, à une suspension généralisée. Le système, pleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026, remplace le tamponnage manuel des passeports par un enregistrement numérique des données biométriques (empreintes digitales et photographie) à chaque entrée et sortie de l’espace Schengen. La règle des 90 jours sur 180 est désormais vérifiée automatiquement, rendant les dépassements de séjour plus visibles et plus difficiles à contester.
Les conséquences opérationnelles se font sentir dans plusieurs États membres. Les aéroports de Rome, gérés par Aeroporti di Roma, ont évalué le risque de paralysie estivale à « huit ou neuf sur dix », selon leur administrateur délégué Marco Troncone. La Grèce a suspendu les contrôles biométriques pour les voyageurs britanniques jusqu’en septembre, tandis que la police française a déjà dû alléger temporairement les vérifications au port de Douvres en mai. Les associations professionnelles insistent sur la nécessité d’une clause de flexibilité permanente au-delà de l’été, activable « dans des circonstances exceptionnelles clairement définies », afin d’éviter que les pics d’affluence – estimés à 40 millions de passagers supplémentaires en juillet-août – ne dégradent durablement l’image de la connectivité européenne.
Au-delà des perturbations immédiates, la mise en œuvre de l’EES préfigure l’entrée en vigueur, attendue au dernier trimestre 2026, du système européen d’autorisation de voyage ETIAS, qui étendra le préfiltrage aux voyageurs dispensés de visa. Pour les ressortissants de pays comme l’Algérie, soumis à l’obligation de visa Schengen, les nouvelles interconnexions de données rendront plus systématique la détection des incohérences entre les séjours déclarés et les historiques de voyage, renforçant la nécessité de dossiers rigoureusement constitués. La réunion des ministres de l’Intérieur de l’Union prévue le 4 juin au sein du Conseil Justice et Affaires intérieures doit préciser le calendrier de consolidation de ces outils, alors que la pression du secteur aérien pour un assouplissement immédiat se heurte à la volonté de Bruxelles de ne pas affaiblir un dispositif pensé pour moderniser et sécuriser les frontières extérieures de l’espace Schengen.
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Les compagnies aériennes européennes ont demandé à la Commission de suspendre les nouveaux contrôles biométriques aux frontières, qui provoquent des files d'attente allant jusqu'à cinq heures et des avions qui décollent à moitié vides. Le chaos menace de s'aggraver cet été, poussant le secteur à réclamer un moratoire total en juillet et août.
Les aéroports européens sont en crise à cause des nouveaux contrôles biométriques, avec des files d'attente allant jusqu'à cinq heures et des vols qui partent à moitié vides. Les compagnies aériennes et les gestionnaires demandent à Bruxelles de suspendre le système au moins pendant les mois d'été de pointe pour éviter l'effondrement du trafic passagers.
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