
Moscou durcit les conditions de séjour des travailleurs migrants et de leurs enfants
La Douma a adopté des lois liant le statut légal des migrants à leurs revenus et imposant aux enfants majeurs d’obtenir un permis de travail ou de quitter le territoire.
La Douma d’État russe a adopté le 8 juillet, en deuxième et troisième lectures, un ensemble d’amendements à la loi sur le statut juridique des étrangers qui subordonne le séjour des travailleurs migrants et de leurs familles à un seuil de revenu minimum. Désormais, les ressortissants étrangers employés sous le régime du brevet (patent) devront justifier de ressources au moins égales au minimum vital régional pour eux-mêmes et pour chaque personne à charge. En cas de revenus insuffisants, le brevet ou le permis de travail ne sera pas renouvelé, et l’étranger, accompagné de ses enfants mineurs, devra quitter la Russie dans un délai de quinze jours. Les enfants devenus majeurs disposeront de trente jours pour obtenir leur propre brevet ou quitter le territoire.
Selon le président de la Douma, Viatcheslav Volodine, ces dispositions répondent à une demande de l’opinion publique et visent à « mettre de l’ordre dans les questions migratoires ». D’après les autorités russes, le dispositif s’inscrit dans une série de trente lois fédérales adoptées depuis 2024, dont vingt et une à l’initiative des députés, et fait suite au durcissement du climat sécuritaire après l’attentat du Crocus City Hall en mars 2024. Le ministère de l’Intérieur et l’administration fiscale seront chargés de croiser automatiquement les données de revenus tous les trois mois, et les employeurs comme les travailleurs devront s’acquitter d’un versement anticipé d’impôt sur le revenu, majoré de 50 % par personne à charge.
Les implications concrètes sont multiples. Le lien entre le droit au séjour et l’autonomie financière transforme le brevet en un instrument de régulation économique autant que migratoire. Les enfants de migrants, jusqu’ici autorisés à résider en Russie sur la base du titre de séjour parental, perdent cette protection à leur majorité et doivent soit entrer sur le marché du travail formel, soit partir. Parallèlement, un décret présidentiel signé fin juin a multiplié par près de douze les droits de dossier pour l’acquisition de la nationalité russe, par cinq ceux du permis de résidence et par huit ceux du séjour temporaire. Selon les données du ministère de l’Intérieur citées par Radio Liberty, le nombre d’étrangers présents en Russie a déjà diminué de 10 % depuis le début de 2025, avec une chute de près de 25 % du nombre de mineurs.
Du point de vue des chancelleries européennes, ces mesures s’inscrivent dans une tendance globale de restriction des flux migratoires, mais avec une spécificité russe : l’accent mis sur la contribution fiscale immédiate et le contrôle automatisé des revenus. Les observateurs d’Asie centrale, principale région d’origine des travailleurs migrants, y voient un signal de fermeture progressive d’un marché du travail longtemps accessible sans exigence de qualification. Le texte doit encore être approuvé par le Conseil de la Fédération avant d’être soumis à la signature du président Vladimir Poutine, une formalité attendue dans les prochains jours.
| Presse russe et CEI | 0.00 | neutral |
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| Presse européenne continentale | −0.20 | neutral |
La Russie met à jour ses règles migratoires, exigeant l'autosuffisance économique et la régularisation des enfants adultes.
En présentant les mesures comme de simples ajustements techniques et bureaucratiques, le récit normalise l'expulsion comme une conséquence automatique du non-respect.
Il omet les critiques internationales ou les difficultés pratiques rencontrées par les migrants pour atteindre le seuil de revenu minimum.
L'Europe observe avec inquiétude le durcissement des lois russes sur les migrants, soulignant le risque de déportations et de séparations familiales.
En mettant l'accent sur les conséquences punitives (déportation, expulsion) et l'impact humain, le récit transforme une réforme administrative en une potentielle crise humanitaire.
Il ne met pas en évidence la logique interne russe de contrôle de l'immigration ou le contexte de déclin démographique.
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