
Corée du Sud : l’élimination précoce au Mondial 2026 déclenche une crise politique et médiatique
Le sélectionneur Hong Myung-bo a démissionné après l’échec des Taeguk Warriors en phase de groupes, tandis que le président Lee Jae-myung a ordonné une enquête et fustigé le « favoritisme » dans le football national.
L’élimination de la Corée du Sud dès le premier tour de la Coupe du monde 2026 a pris, en l’espace de quelques heures, une dimension d’affaire d’État. Battus par le Mexique puis par l’Afrique du Sud sur le même score (1-0), les coéquipiers de Son Heung-min n’ont pas réussi à figurer parmi les huit meilleurs troisièmes de groupe, malgré une victoire initiale contre la République tchèque (2-1). Dès le lendemain de cette confirmation, le sélectionneur Hong Myung-bo annonçait sa démission lors d’une conférence de presse à Guadalajara, assumant « l’entière responsabilité » d’un échec qui a immédiatement enflammé la sphère politique et médiatique sud-coréenne.
La réaction la plus spectaculaire est venue du président Lee Jae-myung. Dans un message publié sur le réseau social X, le chef de l’État s’est dit « totalement perplexe » et a établi un lien direct entre la contre-performance sportive et les pratiques de nomination au sein de la fédération. « Quand la loyauté et le factionnalisme priment sur la compétence, et que des personnes incompétentes sont nommées à des postes de direction, le résultat est aussi prévisible qu’un feu qui brûle du papier », a-t-il écrit, reprenant des critiques déjà formulées par une partie de la presse de Séoul au moment de la reconduction controversée de Hong en juillet 2024. Le président a par ailleurs demandé au ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme d’ouvrir une enquête approfondie sur les circonstances de cet échec, évoquant l’utilisation de « fonds publics considérables ».
Dans les médias sud-coréens, la virulence a pris une forme inédite. La chaîne publique KBS a flouté le visage de Hong Myung-bo lors de la diffusion d’une conférence de presse, un traitement visuel habituellement réservé aux suspects dans des affaires criminelles. Ce geste, largement commenté en Amérique latine et en Europe, a été interprété comme le symbole d’une disgrâce nationale. La presse écrite, citée par les agences, a qualifié la sortie de « désastreuse » et rappelé que le sélectionneur avait déjà échoué à franchir la phase de groupes en 2014, lors de son premier mandat.
Au-delà de la péninsule coréenne, l’onde de choc a été relayée avec une tonalité politique marquée. Les médias du monde arabe et d’Asie du Sud-Est ont insisté sur l’intervention directe du président, y voyant une illustration de la pression sociale extrême qui pèse sur le football en Corée du Sud. En Europe, la presse allemande et italienne a souligné la rapidité de la démission et la critique présidentielle, tandis que les journaux latino-américains, notamment mexicains, ont mis en avant le rôle du pays hôte dans cette élimination. Partout, le choix tactique de Hong de laisser Son Heung-min sur le banc contre l’Afrique du Sud a été présenté comme le tournant fatal de la campagne.
La fédération sud-coréenne n’a pas encore désigné de successeur, mais la promesse présidentielle de « réformer rapidement l’administration sportive » laisse présager une refonte plus large. L’épisode confirme la place singulière du football dans le débat public sud-coréen, où un résultat sportif peut se muer en crise de gouvernance et en interrogation sur la transparence des institutions.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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L'entraîneur a démissionné après l'élimination précoce ; l'équipe n'a accumulé que trois points, insuffisants pour passer.
Le fiasco du Mondial devient une affaire d'État, le président dénonce le gaspillage d'argent public et exige une enquête. Il s'en prend à l'entraîneur et à la fédération pour favoritisme et incompétence, jugeant le résultat inacceptable.
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