
À Milan, le luxe masculin se dépouille et retrouve le goût de l’essentiel
Des podiums milanais aux ateliers siciliens, les collections printemps-été 2027 esquissent un retour à la simplicité, loin des excès du logo et de la complication.
Sur la passerelle de plexiglas rétroéclairée de néons, le premier mannequin apparaît, torse nu sous un blouson de jean coupé court, porté à même la peau. Le t-shirt a disparu. Ce geste, à la fois radical et discret, ouvre le défilé Prada printemps-été 2027 à Milan et donne le ton d’une saison où le luxe masculin semble avoir choisi de se défaire de ses ornements.
Miuccia Prada et Raf Simons, le duo créatif de la maison, expliquent en coulisses avoir travaillé « d’instinct », mus par un rejet du « design inutile » et des formes exaspérées qui dominent la mode contemporaine. Leur collection se réduit à l’essentiel : un seul modèle de pantalon décliné en multiples tissus, des blousons en denim ou en nylon qui remplacent la chemise, des accessoires détournés – les foulards font office de ceinture, les sacs s’accrochent comme des besaces. Une démarche que la presse italienne qualifie de « distillat de style », antidote aux complications du monde.
Cette quête de simplicité traverse les autres maisons. Giorgio Armani déploie une collection méditerranéenne où les sahariennes se muent, selon la presse transalpine, en « manifeste existentiel », les vestes déstructurées s’allongent, les matières – lin, coton, shantung – absorbent la lumière des cités portuaires. Dolce & Gabbana, après la démission de Stefano Gabbana de la présidence, renoue avec ses origines siciliennes : des costumes rayés, des broderies de corail et d’anémones, des pulls à zigzag inspirés des voyageurs des années 1950. Ralph Lauren, de retour au calendrier milanais, mêle tailoring impeccable de sa ligne Purple Label et explosion colorée de Polo, devant un parterre de célébrités parmi lesquelles Lewis Hamilton et le chanteur Maluma.
Ce mouvement vers l’épure n’est pas isolé. Les tendances couleurs de l’été, relayées par la presse libanaise, marient des tons vifs – rose énergique, rouge cerise, orange coucher de soleil – à des pastels rafraîchissants, tandis que les lunettes de soleil, selon un magazine marocain, oscillent entre maximalisme chic et silhouettes sportives. En France, les observateurs annoncent pour la Semaine de la mode masculine de Paris une « masculinité hybride », où les codes du vestiaire féminin infusent les collections, de Dior à Givenchy. Comme si, des deux côtés des Alpes, l’heure était à une redéfinition plus personnelle et moins démonstrative de l’élégance.
Au terme du défilé Prada, ce n’est pas un vêtement qui reste en mémoire, mais une silhouette : celle d’un homme dont le blouson de jean, réduit à sa plus simple expression, suffit à habiller le torse. Une image qui résume une saison où, pour citer les créateurs italiens, « le vrai luxe n’a plus besoin de démontrer quoi que ce soit ».
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La presse latino-américaine couvre la mode masculine milanaise avec un regard pragmatique de marché : Ralph Lauren séduit toutes les générations, Paris annonce une masculinité hybride, et Dolce & Gabbana renoue avec ses racines siciliennes dans un contexte de changement de direction. Le ton reste détaché, mettant l'accent sur les stratégies de marque et les mouvements d'entreprise.
La presse continentale européenne, notamment italienne, présente la collection Prada comme un antidote minimaliste aux excès de la mode. Le duo créatif rejette le design inutile, distillant un style essentiel dépouillé de tout ornement. Le ton est sceptique envers les tendances dominantes et froidement analytique.
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