
Les réserves pétrolières américaines au plus bas depuis huit ans, la réserve stratégique touche un plancher de 1983
La baisse des stocks commerciaux et stratégiques, conjuguée à une infrastructure dégradée, réduit la marge de manœuvre de Washington face aux prix à la pompe.
Les stocks commerciaux de pétrole brut aux États-Unis ont chuté de 3,8 millions de barils durant la semaine achevée le 26 juin, pour s’établir à 408,4 millions, leur niveau le plus bas depuis septembre 2018. Dans le même temps, la réserve stratégique (SPR) a reculé de 5,5 millions de barils, tombant à 325,7 millions, un seuil qui n’avait plus été observé depuis mai 1983. Cette double contraction a immédiatement pesé sur les cours : le Brent a cédé 1,6 % tandis que le brut américain restait quasi stable, les opérateurs digérant une baisse moins marquée qu’anticipé.
La pression sur les stocks résulte d’une conjonction de facteurs. Les raffineries américaines tournent à 96,6 % de leurs capacités, un taux inhabituellement élevé, dopant la consommation de brut de 85 000 barils par jour. La demande d’essence, mesurée par les livraisons, a grimpé de 356 000 barils par jour pour atteindre 9,13 millions, entraînant un effondrement des réserves d’essence de 2,3 millions de barils, bien au-delà des prévisions. En revanche, les stocks de produits distillés ont bondi de 2,5 millions de barils, une surprise qui a tempéré la hausse des contrats à terme sur le diesel. Le centre de stockage de Cushing, dans l’Oklahoma, a vu ses réserves remonter de 709 000 barils après neuf semaines sous le seuil opérationnel minimal, signe d’un rééquilibrage fragile.
La dégradation de la réserve stratégique s’inscrit dans une trajectoire de long terme. Depuis septembre 2021, près de 275 millions de barils en ont été extraits, dont 180 millions lors du prélèvement d’urgence décidé par l’administration Biden en 2022 sur fond de conflit en Ukraine. Les rechargements ultérieurs n’ont permis de restituer que 70 millions de barils. Selon une enquête de l’agence russe Novosti, plus du quart du pétrole encore présent dans les cavités souterraines serait désormais inaccessible en raison de pannes d’équipement et de déformations des réservoirs, ramenant les capacités effectives de pompage à 61 % de leur niveau nominal. La remise en état nécessiterait 230 millions de dollars, alors que de nouveaux tirages d’urgence – dont un scénario de 172 millions de barils évoqué pour mars 2026 en lien avec le conflit iranien – pourraient faire plonger la SPR sous les 250 millions de barils, un plus bas historique.
Sur le front géopolitique, l’accord intervenu entre Washington et Téhéran, prévoyant la réouverture du détroit d’Ormuz et la levée du blocus des ports iraniens en échange de l’abandon des droits de passage imposés par l’Iran, a atténué les craintes d’une pénurie d’offre, contribuant à la détente des cours mondiaux. Au plan intérieur, le président Trump a exhorté les détaillants à ramener le prix de l’essence à 2,50 dollars le gallon, alors qu’il s’établissait à 3,85 dollars. La Chambre des représentants a adopté un texte limitant le pouvoir présidentiel de puiser dans la SPR sans accord préalable sur une hausse de la production nationale, mais le Sénat, à majorité démocrate, bloque cette initiative. Le Département de l’Énergie conditionne désormais tout réapprovisionnement de la réserve à un prix du baril de WTI inférieur à 67-72 dollars, un seuil qui orientera les prochaines décisions.
| Presse russe et CEI | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse iranienne et apparentée | −0.70 | critical |
| Presse latino-américaine | −0.20 | neutral |
La Russie observe avec un détachement critique le déclin des réserves américaines, soulignant sa propre stabilité énergétique.
Un contraste implicite est établi entre la faiblesse américaine et la force russe, utilisant des données objectives pour soutenir un récit de supériorité.
Il ne mentionne pas que la Russie elle-même a connu des problèmes d'approvisionnement en carburant, comme en témoignent les informations sur les pénuries de carburant dans le pays.
L'Iran voit la baisse des réserves américaines comme la preuve du déclin américain et de la validité de sa propre stratégie de résistance.
Un événement économique est utilisé pour confirmer un récit politique préexistant du déclin américain, en le liant à la capacité de l'Iran à contrôler le détroit d'Ormuz.
Il ne mentionne pas que les réserves américaines ont également diminué en raison de l'augmentation de la production intérieure et des exportations, et pas seulement à cause de la faiblesse.
L'Amérique latine analyse la baisse des réserves américaines comme un facteur macroéconomique nécessitant une attention et une adaptation des politiques énergétiques nationales.
Une approche pragmatique et analytique est adoptée, encadrant l'événement comme une donnée de marché à gérer, sans caricatures idéologiques.
Il ne discute pas des implications géopolitiques du déclin américain, se concentrant uniquement sur les effets économiques.
Élargis ton regard
Accusation de viol contre le candidat démocrate du Maine : la course au Sénat américain bouleversée
7 langues · 28 sources
Depuis Economy & MarketsLa trêve Iran-États-Unis vole en éclats, le pétrole flambe et les Bourses plongent
5 langues · 14 sources
Depuis TechnologyIA : entre prime salariale et craintes cognitives, le nouveau clivage mondial
3 langues · 4 sources