
Le tourbillon aérien d’Infantino : 24 matchs, 50 000 km et une empreinte carbone record
En quatorze jours, le président de la FIFA a sillonné l’Amérique du Nord en jet privé pour assister à 24 rencontres du Mondial 2026, suscitant critiques environnementales et questions éthiques.
Tel un marathonien des airs, Gianni Infantino a bouclé l’équivalent d’un tour du monde sans quitter le continent américain. En à peine deux semaines de phase de groupes, le président de la FIFA a assisté à 24 des 72 matchs du Mondial 2026, parcourant plus de 50 000 kilomètres à bord d’un jet privé Gulfstream G650ER. Selon les données de suivi des vols analysées par la presse européenne et moyen-orientale, l’appareil a effectué 27 trajets, totalisant plus de 66 heures de vol et émettant environ 516 tonnes d’équivalent CO₂ — soit l’empreinte carbone annuelle de 78 personnes à l’échelle mondiale.
Cette débauche de kilomètres contraste avec les engagements affichés par l’instance dirigeante du football mondial. La FIFA s’est en effet fixé pour objectif de réduire ses émissions de 50 % d’ici 2030 et d’atteindre la neutralité carbone en 2040. Avant le tournoi, elle promettait de limiter les déplacements longue distance, d’utiliser des stades existants et de favoriser les transports publics. Pourtant, un rapport de l’organisation Scientists for Global Responsibility, cité par des médias arabes, prévoit que l’empreinte carbone de cette édition atteindra 9 millions de tonnes de CO₂, ce qui en ferait la plus polluante de l’histoire. Les experts en environnement, relayés notamment par la presse iranienne et italienne, soulignent que les jets privés sont de 5 à 14 fois plus émetteurs que les vols commerciaux, et jusqu’à 50 fois plus que le train.
Au-delà de l’impact climatique, la frénésie de déplacements du dirigeant a ravivé les interrogations sur la gouvernance de la FIFA. Cinquante eurodéputés, issus de plusieurs groupes politiques, ont adressé une lettre à la Commission d’éthique de l’organisation pour demander une enquête sur de possibles manquements à la neutralité politique. En cause : la création précipitée d’un « Prix de la paix de la FIFA » et son attribution immédiate à Donald Trump, sans consultation du Conseil. Pour les signataires, cette initiative contrevient aux statuts de la fédération, qui imposent une stricte neutralité en matière politique et religieuse.
Parallèlement, une image truquée a circulé sur les réseaux sociaux, prétendant montrer Infantino présent simultanément dans deux stades lors de matchs du groupe E. Des analyses techniques, notamment via le filigrane SynthID de Google, ont confirmé qu’il s’agissait d’un montage réalisé à l’aide d’intelligence artificielle à partir de captures d’écran de rencontres antérieures. La presse italienne a largement relayé ce démenti, y voyant un symptôme de la surexposition médiatique du président de la FIFA.
Alors que la compétition entre dans sa phase à élimination directe, le contraste entre la démesure logistique du tournoi et les discours de durabilité de son organisateur s’impose comme l’un des récits parallèles de ce Mondial. La question de l’héritage environnemental de l’événement, déjà posée lors de l’attribution conjointe à trois pays, se trouve désormais incarnée par les trajets incessants de son plus haut représentant.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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Le président de la FIFA a utilisé un jet privé pour assister à 24 matchs en 14 jours, parcourant plus de 50 000 kilomètres et émettant 516 tonnes de CO₂, soit l'équivalent de l'empreinte annuelle de 78 personnes. L'épisode est présenté comme une nouvelle preuve de l'hypocrisie environnementale de l'organisation, qui prêche la durabilité tout en tolérant de tels excès. La couverture souligne le scandale et le fossé entre les promesses vertes et le comportement réel des dirigeants du football mondial.
Alors que le président de la FIFA est constamment montré dans les tribunes, un faux collage le plaçant dans deux stades différents au même moment a été démenti comme une fabrication générée par IA. Parallèlement, cinquante eurodéputés ont demandé à la commission d'éthique de la FIFA d'enquêter sur lui pour de présumées violations de la neutralité politique, après la création d'un prix de la paix décerné à Donald Trump. Le récit mêle la correction d'un canular à la pression politique, relativisant la critique purement environnementale.
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