
Venezuela : Machado accuse Caracas d’entraver son retour après les séismes
La dirigeante de l’opposition, exilée depuis décembre, dénonce la fermeture de l’espace aérien et les obstacles à l’aide humanitaire, alors que Washington s’inquiète d’une déstabilisation.
Depuis Panama, où elle se trouve, María Corina Machado a accusé lundi 29 juin le gouvernement vénézuélien d’avoir fermé l’espace aérien commercial pour l’empêcher de regagner son pays, dévasté par deux séismes meurtriers le 24 juin. La lauréate du prix Nobel de la paix 2025, exilée depuis décembre, affirme que cette mesure, partiellement levée depuis, visait à entraver son retour ainsi que l’acheminement de l’aide humanitaire internationale.
Selon des responsables américains cités par les agences Bloomberg et Reuters, l’administration Trump aurait refusé d’apporter un soutien logistique à ce retour, jugé prématuré et risquant de provoquer un affrontement avec les autorités de Caracas. Washington, qui après la capture de Nicolás Maduro en janvier a vu l’accession de Delcy Rodríguez à la présidence par intérim, privilégie une séquence de stabilisation économique avant toute transition politique. Des sources proches du dossier évoquent des intérêts américains croissants dans les hydrocarbures et les minerais vénézuéliens, que la nouvelle administration facilite progressivement. De son côté, Machado dénonce un « blocus » qui toucherait également les équipes de secours étrangères et les journalistes, et affirme être prête à « faire tout ce qu’il faut » pour rentrer.
La crise humanitaire complique le calcul politique. Le bilan officiel fait état de plus de 1 700 morts et de 5 000 blessés, tandis que les Nations unies estiment à 50 000 le nombre de disparus. Le mécontentement populaire monte contre le gouvernement intérimaire, dont la cote d’impopularité a grimpé à 59 % en mai selon un sondage AtlasIntel. Des habitants de Caracas ont hué Delcy Rodríguez lors d’une visite dans un quartier sinistré. L’arrivée de Machado, figure la plus populaire de l’opposition, pourrait catalyser ce mécontentement, mais aussi offrir à Caracas l’occasion d’un geste d’ouverture politique, estiment des analystes latino-américains.
L’opposante avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre pour recevoir son prix Nobel à Oslo, avant de le remettre symboliquement à Donald Trump. Depuis, elle réclame un retour négocié, mais ne dispose pas de passeport valide et reste sous le coup d’une interdiction de voyage. La capture de Maduro, inculpé de « narcoterrorisme » aux États-Unis, a ouvert une période d’incertitude institutionnelle. Le gouvernement intérimaire, où Delcy Rodríguez assure la présidence et son frère Jorge Rodríguez la présidence du Parlement, maintient le contrôle de l’appareil d’État tout en concédant des ouvertures économiques à Washington. Les élections promises par le secrétaire d’État Marco Rubio ont été reportées sine die.
Pour l’heure, Machado se dit « prête et proche du Venezuela », mais aucun calendrier de retour n’est fixé. Les autorités aéroportuaires vénézuéliennes ont émis un avis aux navigateurs aériens (NOTAM) restreignant les vols internationaux jusqu’au 7 juillet, officiellement en raison des dégâts sismiques. La communauté internationale, notamment les équipes de secours de 27 pays, poursuit les opérations de recherche, tandis que les capitales occidentales observent avec prudence ce bras de fer à distance.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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La cheffe de l'opposition vénézuélienne Machado prépare son retour dans le pays frappé par les séismes, mais accuse le gouvernement d'avoir fermé l'espace aérien pour l'en empêcher. Son retour pourrait redessiner le paysage politique alors que la présidente Rodriguez fait face à la pire catastrophe naturelle depuis des décennies.
La dirigeante démocratique Machado dénonce le régime de Delcy Rodríguez pour avoir fermé l'espace aérien et bloqué son retour alors que le peuple souffre sous les décombres. Elle a juré de tout faire pour étreindre les Vénézuéliens dans ce moment déchirant, transformant l'obstruction gouvernementale en arme politique contre ses propres citoyens.
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