
Le pétrole chute de 20 % en juin, les marchés suspendus aux signaux contradictoires sur les pourparlers de Doha
Les cours du brut s’effondrent vers leur pire trimestre depuis 2020, ramenés près des niveaux d’avant-guerre par la reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz et l’espoir fragile d’une désescalade entre Washington et Téhéran.
Les prix du pétrole s’acheminent vers une chute trimestrielle de près de 20 % pour le Brent et le WTI, la plus marquée depuis le début de la pandémie de Covid-19, effaçant la quasi-totalité de la prime de risque liée au conflit qui oppose depuis quatre mois les États-Unis et l’Iran. Mardi, le baril de Brent pour livraison en août s’échangeait autour de 72 à 73 dollars, un niveau proche de celui enregistré le 27 février, veille du déclenchement des hostilités. Ce reflux spectaculaire reflète l’anticipation par les opérateurs d’une normalisation progressive des approvisionnements via le détroit d’Ormuz, malgré la persistance d’incertitudes géopolitiques majeures.
Le principal moteur de cette détente est la reprise plus rapide que prévu du trafic pétrolier dans le Golfe. Selon les données de navigation, les chargements de brut et de gaz naturel liquéfié se sont poursuivis la semaine dernière à leur plus haut niveau depuis fin février, en dépit de nouveaux échanges de tirs de missiles durant le week-end. Les analystes de Goldman Sachs estiment que si le rythme de récupération observé ces deux dernières semaines se maintient, les flux pourraient retrouver leur volume d’avant-guerre, soit 23 millions de barils par jour, dès le début du mois de juillet. Cette perspective a conduit Morgan Stanley à abaisser ses prévisions de prix pour le Brent, tablant désormais sur une moyenne de 75 dollars le baril au second semestre, tandis que la banque anticipe un excédent implicite de 4,8 millions de barils par jour sur le marché mondial en 2027.
Les signaux diplomatiques, en revanche, demeurent contradictoires. La Maison Blanche a annoncé l’envoi d’une délégation conduite par Jared Kushner et l’émissaire Steve Witkoff à Doha, tandis que le président Trump a évoqué une rencontre « peut-être importante, peut-être pas ». Téhéran, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a démenti toute réunion programmée avec la partie américaine, précisant que la visite de sa propre délégation technique au Qatar portait uniquement sur la redéfinition des voies de transit dans le détroit d’Ormuz. Ce flou entretient la fragilité du cessez-le-feu conclu le 17 juin, déjà mis à l’épreuve par les frappes du week-end, et constitue un défi politique pour l’administration Trump à l’approche des élections législatives de novembre.
Dans les salles de marché européennes, le sentiment oscille entre prudence et scepticisme. Les analystes d’UBS soulignent que la prime de risque n’a pas entièrement disparu des cours, mais que l’afflux soudain de navires en provenance du Golfe a créé une vague temporaire d’offre nouvelle. ING juge pour sa part le repli de juin excessif, estimant que le volume des approvisionnements ne retrouvera son niveau d’avant-conflit qu’à la fin du troisième trimestre, et non dès juillet comme le suggèrent les prix actuels. La prochaine étape déterminante pour le marché sera la tenue – ou l’absence – de discussions directes ou indirectes à Doha, ainsi que l’évolution du trafic maritime dans les prochains jours, qui confirmera ou infirmera le scénario d’un retour rapide à la normale.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse russe et CEI | 0.00 | neutral |
| Presse du Golfe arabe | +0.40 | aligned |
The drop in oil prices proves that isolating Iran works, but the threat is not over.
A hierarchy of threats is constructed, placing the price drop within a broader narrative of existential Iranian dangers, thereby minimizing the positive economic news and refocusing attention on security.
They omit the role of Saudi Arabia and other Gulf states in stabilizing prices, focusing solely on Iran.
The return of oil prices to pre-conflict levels is a normal market adjustment, without geopolitical implications.
Technical normalization is used to depoliticize the event, presenting it as a market phenomenon rather than a consequence of the conflict.
They omit that the Middle East conflict was the main driver of the price spike and that its de-escalation is the direct cause of the drop.
The drop in oil prices opens new opportunities for investment in the region, demonstrating the strength of Gulf economies.
Optimistic pragmatism is used to reframe a potentially negative development (lower oil revenues) as an opportunity for diversification and long-term planning.
They omit any discussion of the geopolitical tensions that caused the price spike, focusing only on the market outcome.
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