
Le geste muet de Sony et la fin des galettes argentées
En 2013, un manager de PlayStation tendait une simple galette à un collègue pour vanter le prêt de jeux ; treize ans plus tard, la firme annonce l’arrêt des disques, déclenchant une onde de réactions entre nostalgie, ironie et cybermenaces.
C’est une saynète de quelques secondes, devenue virale à l’époque. En 2013, Sony mettait en ligne un clip promotionnel où l’un de ses cadres tendait silencieusement une galette de jeu à un autre. Le message était limpide : un disque se prête, se revend, se transmet sans intermédiaire. Ce geste muet, exhumé par la presse allemande au lendemain de l’annonce de l’arrêt de la production de jeux physiques, résonne aujourd’hui comme l’écho d’un monde en voie d’effacement.
Le 1er juillet 2026, Sony Interactive Entertainment a confirmé qu’à partir de janvier 2028, tous les nouveaux titres PlayStation seraient distribués exclusivement en téléchargement. La firme japonaise invoque une adaptation aux « tendances actuelles », rappelant que 78 % des achats de jeux sur ses consoles se faisaient déjà en version dématérialisée en 2025. La presse indonésienne précise que cette bascule ne concerne pas les jeux sortis avant l’échéance, qui pourront continuer à être pressés sur disque Blu-ray, et que les éditeurs auront la possibilité de proposer des codes numériques en magasin. Une usine de Salzbourg, en Autriche, doit d’ailleurs être reconvertie dans la fabrication de microlentilles optiques, signe que l’appareil industriel se réoriente.
La réaction ne s’est pas fait attendre. Sur le réseau social X, le message de PlayStation a été vu 145 millions de fois et a recueilli 90 000 réponses en quelques jours, un volume que la presse économique américaine qualifie de majoritairement hostile. Des joueurs ont rappelé que le marché de l’occasion maintenait une pression concurrentielle sur les prix, tandis que d’autres citaient l’exemple récent du retrait de plus de 500 titres StudioCanal des bibliothèques numériques des utilisateurs, pour des raisons de licence. Le créateur de Metal Gear, Hideo Kojima, s’est dit attristé lors d’un festival en Italie, avertissant que la distribution exclusivement numérique pourrait un jour priver les acheteurs de l’accès à leurs propres contenus.
L’ironie a aussi gagné les marques. La chaîne espagnole KFC España a plaisanté sur le poulet frit téléchargeable en PNG, le fabricant de sièges gaming Respawn a annoncé une gamme de « chaises numériques », et la plateforme de développement GitHub, propriété de Microsoft, a proposé de graver les dépôts de code sur CD-ROM. « Votre code est physiquement à vous, pour toujours. Jusqu’à ce que vous le perdiez, soyons honnêtes », a écrit l’entreprise américaine, offrant une réplique en creux à la perte de tangibilité.
Dans l’ombre de cette controverse, la société de cybersécurité Kaspersky a mis en garde contre une prolifération de sites frauduleux imitant les précommandes de GTA VI, titre phare dont la sortie, prévue pour novembre 2026, sera elle aussi exclusivement numérique. Des pages en portugais, en anglais et dans d’autres langues reproduisent l’habillage visuel officiel pour soutirer coordonnées bancaires et données personnelles. D’autres proposent de faux fichiers « beta » vérolés. L’engouement pour le jeu, détourné par des réseaux criminels, dessine en négatif l’appétit intact pour des objets que l’on ne possédera plus. Reste une image : celle d’un CD-ROM siglé GitHub, ultime pied de nez à l’immatériel, que l’on peut encore ranger dans un tiroir, prêter à un ami, ou égarer.
| Presse européenne continentale | +0.10 | neutral |
|---|---|---|
| Presse d'Asie du Sud-Est | 0.00 | neutral |
| Presse atlantique / anglosphère | −0.60 | critical |
Sony et l'industrie du jeu vidéo embrassent l'avenir : l'adieu aux disques est un choix dicté par le marché, et GTA 6 en est le symbole.
Le bloc normalise la décision en la présentant comme une évolution naturelle, utilisant la référence à GTA 6 comme preuve de la tendance et omettant les voix critiques.
Le bloc omet les réactions négatives des consommateurs et les préoccupations concernant la perte de propriété physique.
Sony assure que les jeux déjà sortis en format physique peuvent encore être réimprimés, offrant un compromis entre la fin de la production et les besoins du marché.
Le bloc adopte une approche pragmatique, fournissant des détails techniques et des assurances pour atténuer les critiques, sans défendre ni attaquer la décision.
Le bloc omet les critiques généralisées et les préoccupations de figures comme Kojima concernant la perte de contrôle.
Les joueurs se rebellent : la décision de Sony d'abandonner les disques est une attaque contre la concurrence des prix et la liberté de choix, et le tollé ne montre aucun signe d'apaisement.
Le bloc amplifie les voix critiques à travers des chiffres et des citations, créant l'impression d'une opposition massive et unanime, sans laisser de place aux positions favorables.
Le bloc omet de mentionner la possibilité de réimpressions pour les jeux d'avant 2028 et l'évolution des habitudes d'achat vers le numérique.
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