
La visite de Pedro Sánchez à Alger entérine un rapprochement sans concession sur le Sahara
Le chef du gouvernement espagnol a scellé la normalisation avec l’Algérie, sans que Madrid ne modifie son soutien au plan d’autonomie marocain, tandis que les deux pays relancent leur coopération énergétique et judiciaire.
Le 20 juillet, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a effectué une visite de travail et d’amitié à Alger, la première depuis quatre ans. Accueilli par le président Abdelmadjid Tebboune, il a annoncé la tenue de la huitième réunion de haut niveau algéro-espagnole à l’automne et affiché la volonté de « renforcer le dialogue politique » et de « bâtir un partenariat économique mutuellement bénéfique ». Accompagné de dirigeants de grandes entreprises énergétiques espagnoles, M. Sánchez a également présenté les condoléances de son pays après l’incendie meurtrier d’un orphelinat à Mohammadia, soulignant la vulnérabilité commune des deux rives de la Méditerranée face aux catastrophes climatiques. Selon les déclarations officielles, l’Algérie est devenue en 2026 le premier fournisseur de gaz naturel de l’Espagne, via le gazoduc Medgaz, et les deux parties entendent élargir leur coopération aux énergies renouvelables, à l’industrie et à la transition énergétique.
Ce rapprochement intervient sans que Madrid ne soit revenue sur la position qui avait provoqué la rupture en 2022 : le soutien au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, qualifié de « base la plus sérieuse, crédible et réaliste » par le gouvernement espagnol. Alger, qui avait alors suspendu le traité d’amitié, gelé les transactions bancaires et rappelé son ambassadeur, a réactivé ce traité en mars 2026 et normalise désormais ses relations sans exiger de concession publique. Selon des sources diplomatiques à Alger, Madrid avait subi des pressions migratoires de la part du Maroc, ce qui avait précipité le changement de position espagnol, mais le gouvernement Sánchez a ensuite nuancé son approche en liant sa décision au respect du droit international. Pour des analystes maghrébins, cette dissociation entre le contentieux saharien et la coopération bilatérale traduit un réalisme dicté par la dépendance énergétique espagnole et la nécessité pour l’Algérie de ne pas s’isoler de ses principaux partenaires européens.
La visite s’inscrit dans un rééquilibrage plus large de la diplomatie algérienne. Depuis 2022, Alger a renforcé ses liens avec Rome, Berlin et désormais Madrid, tandis que la relation avec Paris s’est dégradée, notamment après la reconnaissance par la France, en juillet 2024, de la souveraineté marocaine sur le Sahara. Selon des sources proches de la présidence algérienne, cette diversification répond à une volonté de structurer les partenariats en fonction des intérêts économiques et sécuritaires, en particulier dans le domaine gazier, où l’Algérie est devenue un fournisseur clé pour l’Europe du Sud après l’invasion russe de l’Ukraine. Du côté espagnol, le gouvernement de Pedro Sánchez insiste sur le rôle de l’Algérie comme « porte vers l’Afrique » et sur la nécessité d’une coopération migratoire et antiterroriste en Méditerranée occidentale. Bruxelles, qui cherche à diversifier ses approvisionnements énergétiques, voit dans ce rapprochement un facteur de stabilité pour le flanc sud de l’Europe.
La relance s’accompagne d’avancées concrètes : le président Tebboune a salué la coopération judiciaire pour le recouvrement des biens mal acquis, et les échanges commerciaux repartent à la hausse, avec une présence accrue de produits algériens sur le marché espagnol. La prochaine réunion de haut niveau, prévue en octobre, devrait formaliser de nouveaux accords sectoriels. Pour autant, le dossier du Sahara occidental reste entier : Madrid maintient sa position, Rabat n’a pas modifié la sienne, et Alger continue de soutenir le Front Polisario. Paris, dont la position plus avancée a été réaffirmée par le premier ministre Sébastien Lecornu lors d’une visite à Rabat le 15 juillet, observe avec attention ce réchauffement hispano-algérien, alors que ses propres intérêts économiques en Algérie s’érodent au profit de concurrents européens. La normalisation algéro-espagnole illustre ainsi une dissociation pragmatique entre les divergences politiques et les intérêts économiques partagés, sans que le fond du différend régional ne soit résolu.
| Presse arabe Levant-Maghreb | +0.20 | neutral |
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| Presse européenne continentale | 0.00 | neutral |
L'Algérie et l'Espagne tournent la page ensemble, avec Alger maintenant sa position sur le Sahara sans céder.
Le récit met l'accent sur la normalisation comme un succès diplomatique algérien, minimisant les concessions espagnoles et présentant la visite comme une revendication de la patience stratégique algérienne.
La visite est une étape diplomatique pour réparer les relations après un différend sur le Sahara occidental, les deux parties cherchant à avancer.
Le reportage utilise un ton neutre et factuel, présentant l'événement comme un dégel diplomatique de routine sans prendre parti ni analyser les implications plus profondes.
Le reportage omet le débat interne algérien sur la visite et les implications stratégiques à long terme pour le conflit du Sahara occidental, se concentrant uniquement sur le dégel immédiat.
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