
La Russie, exportateur pétrolier, contrainte d’importer de l’essence
Les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes ont réduit la capacité de raffinage, forçant Moscou à se tourner vers l’Inde et la Biélorussie pour pallier les pénuries de carburant.
Pour la première fois depuis le début du conflit, la Russie, deuxième exportateur mondial de pétrole brut, importe de l’essence par voie maritime. Selon des sources industrielles, au moins 60 000 tonnes de carburant indien ont déjà été expédiées, et Moscou envisagerait des achats mensuels de 400 000 tonnes auprès de plusieurs pays. Cette situation inédite a été publiquement reconnue par Vladimir Poutine, qui a admis que les attaques ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques créaient des « problèmes » et une « certaine pénurie ».
La campagne de frappes de drones menée par Kiev depuis le printemps a mis hors service environ 28 % de la capacité de raffinage russe, selon des analystes du secteur cités par la presse économique occidentale. La production d’essence a chuté de 17 % en juin par rapport à l’année précédente, tandis que le traitement de brut est tombé à son plus bas niveau en deux décennies. L’Agence internationale de l’énergie a qualifié cette perturbation d’« inédite dans l’histoire du conflit », notant une baisse de 5 % de la production de pétrole brut russe en mai.
Face à la pénurie, la Russie a accru ses importations de Biélorussie, qui a triplé ses livraisons au cours de la première quinzaine de juin, et s’est tournée vers l’Inde, où le géant pétrolier Rosneft détient une participation majoritaire dans la raffinerie de Nayara Energy. Les cargaisons indiennes, bien que modestes au regard d’une consommation estivale quotidienne d’au moins 110 000 tonnes, confirment la dépendance nouvelle de Moscou. Le gouvernement a par ailleurs suspendu les exportations de carburant et envisage, selon le quotidien Kommersant, d’autoriser la production d’essence de qualité inférieure Euro-2, interdite depuis 2013.
Les conséquences se font sentir dans l’ensemble du pays, y compris à Moscou, où des files d’attente se forment aux stations-service. En Crimée occupée, un marché noir du carburant s’est développé, avec des prix très élevés. Ces difficultés, qui alimentent le mécontentement, surviennent à l’approche des élections législatives de septembre, scrutin que le pouvoir utilise comme outil de légitimation. Les autorités ukrainiennes qualifient ces frappes de « sanctions par drones », visant à priver le régime d’une source de financement et à rendre la guerre plus tangible pour la population russe.
Les négociations en cours avec plusieurs pays pour sécuriser des importations de carburant à des prix acceptables constituent le prochain jalon à surveiller. Leur issue déterminera la capacité du Kremlin à contenir la crise énergétique sans aggraver les tensions sociales, alors que les frappes ukrainiennes continuent de cibler les infrastructures pétrolières en profondeur sur le territoire russe.
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La pénurie de carburant en Russie, provoquée par les frappes de drones ukrainiens sur les raffineries, contraint Moscou à importer de l'essence. Cet aveu rare de vulnérabilité souligne l'impact croissant de la guerre sur la stabilité intérieure russe. Les files d'attente aux stations-service et le rationnement se multiplient, signe de l'échec des défenses aériennes du Kremlin.
La Russie, l'un des plus grands producteurs de pétrole au monde, est désormais contrainte d'importer du carburant à cause des attaques ukrainiennes contre ses raffineries. Le Kremlin a reconnu publiquement être en pourparlers avec plusieurs pays, un aveu significatif des dégâts subis. Cette situation met en évidence l'efficacité des frappes ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques russes.
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